Procès du drame de Millas : L’attente de justice pour des victimes « déjà condamnées »

PROCES Lors des plaidoiries des parties civiles lors du procès à Marseille, les avocats des victimes de l’accident entre un car scolaire et un TER à un passage à niveau à Millas ont fait valoir leur besoin de justice face à leurs vies brisées

20 Minutes avec AFP
La grand-mère d'un collégien tué lors de l'accident à Millas, à l'ouverture du procès
La grand-mère d'un collégien tué lors de l'accident à Millas, à l'ouverture du procès — AFP

« Nous sommes des morts-vivants » : par les mots de leur avocate, les parents d’une adolescente grièvement blessée dans la collision entre un bus scolaire et un train à Millas (Pyrénées-Orientales) en 2017 ont décrit mardi à Marseille le basculement dans une vie irrémédiablement brisée.



« Je suis ici pour déposer devant vous la douleur » de cette jeune fille, qui souffre de « séquelles indélébiles qui l’accompagneront tout au long de sa vie », a plaidé maître Hélène Castello-Picard, soulignant que sa cliente, amputée de la jambe droite à la suite de l’accident, était une « victime déjà condamnée à vie ».

Barrières fermées

« Le 14 décembre 2017 à 16h07 », sa vie « va brutalement basculer dans l’horreur », a-t-elle ajouté, soulignant que l’adolescente, alors âgée de 13 ans, était aussi, de par sa position privilégiée au premier rang du bus, « une témoin essentielle ».

La conductrice, Nadine Oliveira, 53 ans, est la seule prévenue de ce procès. Jugée pour homicides et blessures involontaires, elle est absente des audiences depuis le 22 septembre à la suite de son hospitalisation. Six enfants sont morts dans l’accident survenu à un passage à niveau, 17 autres ont été blessés, dont huit grièvement.

« Sur le fait que les barrières étaient fermées, il est hors de question de remettre en cause son témoignage, tout simplement parce que d’autres témoins ont déclaré la même chose », a insisté l’avocate, avant d’ajouter : « Pour moi c’est clair, net, précis ».