Covid-19 : Un scientifique azuréen qui dénonçait des « trucages » sur la chloroquine visé par une plainte de Didier Raoult

REACTION L’ancien directeur de l’IHU de Marseille attaque Alexander Samuel, un docteur en biologie. Ce professeur de sciences dans un lycée, actif sur les réseaux sociaux, avait notamment partagé un article dénonçant l’utilisation de « données falsifiées »

F.B.
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Didier Raoult, l'ancien directeur de l'IHU de Marseille, à l'Assemblée nationale (Archives)
Didier Raoult, l'ancien directeur de l'IHU de Marseille, à l'Assemblée nationale (Archives) — ISA HARSIN/SIPA
  • Professeur de sciences dans un lycée de Grasse au look détonant, Alexander Samuel, cheveux et barbe longues, a été parmi les premiers à remettre en cause les propos de Didier Raoult sur l’usage de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le Covid-19.
  • L’ancien directeur de l’IHU de Marseille, visé aujourd’hui par une information judiciaire et des rapports accablants, l’attaque en diffamation.

C’est pour un article signé par le journaliste scientifique ukraino-allemand Leonid Schneider et relayé sur son propre blog que l’Azuréen Alexander Samuel se retrouve dans le collimateur de Didier Raoult. Qualifié de « druide » et de « gourou de la chloroquine », l’ancien directeur de l’IHU de Marseille, visé aujourd’hui par une information judiciaire et des rapports accablants, attaque en diffamation ce docteur en biologie, qui se présente lui-même comme un lanceur d’alerte.

Déposée en réalité en juin 2021, mais révélée lundi par Nice-Matin, la plainte concerne cet ancien « gilet jaune » de 37 ans, mais également l’auteur original du texte, confirme à 20 Minutes Me Brice Grazzini, l’avocat de Didier Raoult.

L’un des premiers à remettre en cause les études de Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine

Professeur de sciences dans un lycée de Grasse au look détonant, Alexander Samuel, cheveux et barbe longues, a été parmi les premiers à remettre en cause les propos de Didier Raoult sur l’usage de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le Covid-19. Il dénonçait, dès le 23 mars 2020 sur Twitter, certains « trucages » dans la première étude publiée par le microbiologiste marseillais. Et il s’employait depuis à « debunker » certaines affirmations que l’ex-patron de l’IHU défendait, notamment dans ses vidéos.

Dans l’article qui fait l’objet de la plainte, partagé en mars 2021 sur son site, Alexander Samuel traduit les déclarations de Leonid Schneider, lequel dénonçait « les données falsifiées, les fraudes financières et les essais cliniques illégaux » de Didier Raoult.



Trois plaintes pour diffamation

« S’il apporte la preuve de ce qu’il dit, il ne pourra pas être condamné », a réagi Me Brice Grazzini auprès de Nice-Matin. « J’ai eu des propos engagés, mais je m’appuie sur des publications », assure de son côté le docteur en biologie, également interrogé par le quotidien régional. Selon lui, « l’objectif » de la plainte, « c’est de faire taire des gens ». Ce que réfute le conseil de Didier Raoult : « ce n’est pas une procédure bâillon », dit-il.

Le 9 septembre, le tribunal correctionnel de Marseille examinait une autre plainte de l’infectiologue marseillais contre son homologue parisienne Karine Lacombe, dont le délibéré doit être rendu le 22 novembre. En plus de cette action en justice et de celle qui vise Alexander Samuel et Leonid Schneider, une troisième a été intentée par Didier Raoult pour diffamation. Elle concerne Jean-Paul Stahl, un médecin grenoblois qui l’accusait également d’avoir « bidonné » son étude et de raconter des « fadaises ».