Dopage : L’ex-championne d’athlétisme Laila Traby condamnée à Marseille

PROCES Médaillée de bronze au championnat d’Europe de 2013, l’athlète française s’était fait attraper un an plus tard avec des ampoules d’EPO, des hormones de croissance et des produits masquants. Deux autres prévenus ont été condamnés avec elle

20 Minutes avec AFP
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Une enquête a été ouverte par la justice française (illustration).
Une enquête a été ouverte par la justice française (illustration). — Canva
  • Laila Traby, médaillée de bronze du 10.000 mètres au championnat d’Europe d’athlétisme de 2013, a comparu avec deux autres prévenus à Marseille dans une affaire de dopage.
  • Elle a été condamnée ce lundi à un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 3.000 euros.
  • Son « conseiller vitamines » a été condamné à dix-huit mois d’emprisonnement, dont un an avec sursis et une amende de 5.000 euros. Un troisième homme a écopé de 18 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende.

Vingt-quatre ans après Richard Virenque, la théorie de « l’insu de son plein gré » ne fait toujours pas mouche face aux juges. Laila Traby, ancienne championne de France du 5.000 mètres en 2014, a été condamnée lundi à Marseille à un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 3.000 euros pour la détention de produits dopants quelques mois après ce record. Des seringues d’EPO, glissées dans une boîte de vitamines, et un flacon vide d’hormones de croissance portant son ADN avaient été découverts, le 7 novembre 2014, dans le frigo de son appartement de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales), où la coureuse s’entraînait.



Son téléphone contenait aussi ce que l’accusation a décrit comme « un protocole de dopage », un tableau sur 31 jours portant le nom de vitamines autorisées mais aussi, certains jours, de simples posologies laissant penser qu’il s’agissait de produits dopants interdits. Après avoir contesté la possession de l’EPO et de l’hormone de croissance, Laila Traby avait reconnu s’être injecté les produits qu’on lui avait présentés comme des vitamines autorisées et recommandées par Salim Ghezielle, à l’époque son « conseiller vitamines ».

Reconversion dans l’esthétique

Celui-ci a été condamné à dix-huit mois d’emprisonnement, dont un an avec sursis, les six mois d’emprisonnement ferme devant être purgés sous le régime du bracelet électronique à domicile. Le tribunal a également prononcé contre lui une amende de 5.000 euros et une interdiction d’exercer à titre professionnel ou bénévole une activité en lien avec une instance sportive durant cinq ans.

Dans ses réquisitions, le procureur avait évoqué « la théorie du dopage à l’insu de son plein gré » qualifiant de « demi-aveux » la ligne de défense de l’ancienne sportive. Le magistrat avait décrit Salim Ghezielle comme celui qui l’avait incitée à se doper, ce que ce dernier contestait. L’ex-championne, qui a ouvert un salon d’esthétique, avait été contrôlée positive, ce qui lui avait valu une suspension durant trois ans en 2015.

« Je ne veux plus entendre parler d’athlétisme depuis cette affaire qui m’a choquée », avait indiqué Laila Traby au tribunal lors de l’audience du 5 septembre. Elle a été relaxée du délit d’obstacle au contrôle des membres de l’Agence française de lutte contre le dopage, qui s’étaient présentés à Font-Romeu.

Un troisième prévenu, gardien d’immeuble après une carrière avortée de marathonien, était soupçonné d’avoir fourni l’EPO et l’hormone de croissance acquis librement au Maroc. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et à une amende de 3.000 euros.