Lozère : Ouverture en appel du procès d’un meurtre « pour connaître la sensation de tuer »

GLAçant L’accusé, dont le procès en appel s’ouvre à Mende, n’avait montré aucun remords avant sa condamnation à la prison avec perpétuité assortie de vingt-deux ans de prison

Jérôme Diesnis
Le procès en appel se tiendra devant la cour d'assises de la Lozère.
Le procès en appel se tiendra devant la cour d'assises de la Lozère. — E. Frisullo
  • Le 19 juin 2018, Mathieu Danel avait assassiné Claire Reynier de 17 coups de couteau, pour connaître « la sensation de tuer ».
  • Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, il a décidé de faire appel.
  • Ce second procès s’ouvre devant les assises de la Lozère, sans la présence de sa famille, écœurée par son absence totale de remords.

« Je regrette que cela n’ait pas été plus agréable. Je sais que tuer ne me fait absolument rien. Selon le contexte, je pourrais bien passer à l’acte à nouveau. » Son absence d’émotion avait glacé la cour d’assises du Gard, en janvier, à Nîmes. Le procès en appel de Mathieu Danel, un homme de 26 ans condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, s’ouvre ce lundi devant la cour d’assises de la Lozère. La cour l’a reconnu coupable de meurtre avec préméditation et estimé qu’il était responsable de ses actes après une heure et demie de délibéré seulement.

« Une peine d’élimination » comme l’avait demandé l’avocat général Stéphane Bertrand dans son réquisitoire, estimant qu' « il ne doit pas penser qu’il a une possibilité de sortir ». « Votre état de dangerosité est extrêmement préoccupant. Vous avez la possibilité de progresser, mais ça dépend de vous, et nous ne pouvons pas prendre ce risque », avait expliqué le président de la cour d’assises, Eric Emmanuelidis.

La victime poignardée à 17 reprises

Malgré son absence de remords, Mathieu Danel a décidé de faire appel de cette peine maximale. Il sera de nouveau jugé pour le meurtre le 19 juin 2018 de Claire Reynier, âgée de 39 ans. Il l’avait prise en auto-stop, avant de profiter d’être seul avec elle dans un endroit isolé pour la poignarder à 17 reprises. Il s’était ensuite dénoncé au commissariat de Montélimar, sa ville natale. Au policier, comme aux juges tout au long de l’instruction, ou face aux jurés, il avait expliqué « vouloir connaître la sensation de tuer ».

Jérôme Arnal, son avocat, espère son client pourra « reprendre pied » dans la réalité, grâce notamment à ce procès en appel. La famille de la victime, horrifiée par le comportement d’un homme que les experts ont décelé comme ayant le profil d’un serial killer, a décidé de ne pas assister. Le procès doit durer toute la semaine.