Rennes : Confondu par son ADN, un violeur en série présumé jugé devant les assises

PROCES Jugé jusqu’à jeudi devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, le jeune homme de 24 ans est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement quatre femmes, entre août et novembre 2019, dans le centre-ville de Rennes

Jérôme Gicquel
L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes.
L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un homme de 24 ans est jugé, depuis ce lundi, devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour une série de viols, commis en 2019, dans le centre-ville de Rennes.
  • Quatre femmes avaient porté plainte, entre août et novembre 2019, décrivant presque à chaque fois la même scène.
  • L’accusé encourt la peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle.

Il avait créé un début de psychose courant 2019 à Rennes. Un jeune homme de 24 ans est jugé depuis ce lundi devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour une série de viols et une agression sexuelle commis dans le centre-ville. Quatre victimes avaient porté plainte entre août et novembre 2019, décrivant presque à chaque fois la même scène d’horreur. Alors qu’elles rentraient chez elles seules dans la nuit, les jeunes femmes avaient été abordées par un inconnu « de type africain, les cheveux courts et mesurant environ 1,70 mètre », selon leurs déclarations.

Le premier fait remonte au 4 août. Ce jour-là, une femme s’était présentée au commissariat pour dénoncer un viol dont elle avait été victime dans la nuit. Alors qu’elle marchait rue du Général Maurice-Guillaudot, non loin du parc du Thabor, un inconnu l’avait saisie par-derrière avant de la plaquer contre un mur et de soulever sa jupe pour la pénétrer digitalement.

Deux plaintes déposées le même jour

Trois semaines plus tard, le 24 août, deux autres jeunes femmes, qui avaient participé à la même soirée mais étaient rentrées séparément, avaient également porté plainte. La première avait indiqué aux enquêteurs qu’un inconnu lui avait mis une main aux fesses alors qu’elle marchait au niveau de la rue Pierre-Gourdel, vers 3 heures du matin. Une heure plus tard, la seconde jeune femme avait été abordée par un homme cagoulé, place Sainte-Anne. Ce dernier était revenu à la charge quelques instants plus tard, place Hoche, plaquant la victime contre une voiture avant de lui soulever sa robe et de lui introduire un doigt dans le vagin. Des traces ADN avaient alors été retrouvées sur la culotte et le corps de la victime.

La série noire s’était poursuivie le 20 novembre avec le dépôt d’une nouvelle plainte pour viol. Une jeune femme avait alors raconté avoir senti une présence derrière elle avant qu’un individu l’agrippe par-derrière et lui ordonne : « J’ai un pistolet, ne fuis pas sinon je te tue ! ». Après avoir baissé le pantalon de sa victime, l’agresseur lui avait touché et léché les parties intimes. Essayant de se débattre, la jeune femme avait réussi à interpeller un cycliste qui avait mis en fuite l’individu.

Trois victimes sur le banc des parties civiles

C’est cette dernière affaire qui avait permis aux enquêteurs de faire le lien entre toutes ces agressions et d’identifier l’agresseur, dont l’ADN était enregistré au fichier national automatisé des empreintes génétiques après une première condamnation la même année pour exhibition sexuelle. Localisé chez son oncle dans la périphérie rennaise, l’individu avait été interpellé le 28 novembre.

Au premier jour de son procès, le jeune homme, natif de La Trinité en Martinique, n’a pas changé de version par rapport à ses dernières déclarations, reconnaissant deux viols, mais réfutant le troisième ainsi que l’agression sexuelle. Sur les quatre victimes, trois se sont portées partie civile pour le procès qui se tient jusqu’à jeudi soir. L’accusé encourt la peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle.