Gironde : Fin de règne pour le gourou « Zeus » condamné à dix-huit ans de réclusion

SECTE Cet ancien guérisseur, qui se faisait appeler Zeus au sein de sa micro-secte du Bassin d’Arcachon, a écopé dix-huit ans de réclusion criminelle pour viols et abus de faiblesse

20 Minutes avec AFP
Le gourou se faisait appeler "Zeus" et ses "déesses" devaient accomplir des travaux sexuels dans un temple de pacotille. Illustration.
Le gourou se faisait appeler "Zeus" et ses "déesses" devaient accomplir des travaux sexuels dans un temple de pacotille. Illustration. — Chabotphoto
  • Aujourd’hui octogénaire, le gourou « Zeus » a été condamné vendredi par la Cour d’assises de Girondes pour viols et abus de faiblesse.
  • Ce guérisseur a régné pendant plus de douze sur une microsecte du Bassin d’Arcahon.
  • Dans son « temple », une communauté de femmes affublées de surnom de déesse devrait se livrer à des travaux sexuels pour recharger « Zeus » en énergie.

En fauteuil roulant, le regard caché derrière des lunettes noires, muet comme une carpe dans le box des accusés, « Zeus » a perdu de sa superbe. Claude Alonso de son vrai nom, aujourd’hui âgé de 81 ans, a été condamné vendredi, après une semaine de débats, à dix-huit ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté de neuf ans, par la Cour d’assises de Gironde.

Ce fils d’ostréiculteur, qui comparaissait libre, a été reconnu coupable de viols, sur deux victimes dont sa fille, et d’abus de faiblesse commis au sein d’une secte sur laquelle il régnait dans sa propriété de Gujan-Mestras, sur le Bassin d’Arcachon.

Jusqu’à sa mise en examen en 2013, à la suite d’un signalement à la Miviludes, l’organe de lutte contre les dérives sectaires, « Zeus » a présidé, douze ans durant, aux destinées d’une petite communauté de femmes, affublées de noms de déesses grecques, qu’il logeait dans les dépendances. Dans une mezzanine de la maison principale, le gourou avait recréé un temple de pacotille à sa gloire, avec trône, sceptre, boule de cristal et portraits à son effigie.

Du nectar au Lexomil et des « travaux sexuels »

Chaque soir, l’ex-guérisseur prêchait la parole divine entre mythologie, ufologie et autres croyances ésotériques. Avant d’imposer à ses adeptes des « travaux sexuels », destinés à lui procurer un orgasme « parfait » pour le recharger en énergie et « sauver l’humanité ».

Lors de ces bacchanales qui pouvaient durer toute la nuit, les adeptes de cette microsecte buvaient du vin sucré mêlé à du Lexomil, un tranquillisant. Leur était aussi administré un mélange de menstruations et du propre sperme de Claude Alonso, selon l’accusation.





Claude Alonso a violé « psychisme et corps pendant plus de 12 ans », « volant les ressources financières et intellectuelles » de ses victimes par son « imagination débordante, mise au service de son narcissisme et de sa mégalomanie », a estimé vendredi dans son réquisitoire l’avocat général Xavier Chavigné, dont les réquisitions ont été suivies par les jurés.

« Une fourmi parmi un troupeau de bison »

« Vous voulez faire de M. Alonso un exemple de gourou de secte (…) C’est de la manipulation perverse, peut-être, mais en aucun cas du viol ! », a plaidé l’avocat de l’accusé, qui a réclamé son acquittement en arguant du « consentement » des victimes.

« Je suis face à un complot malveillant », a déclaré Claude Alonso pour sa part avant que la cour se retire pour délibérer, en se comparant dans une formule sibylline « à une fourmi parmi un troupeau de bisons ».