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PLAINTELes victimes du père Rivoire vont déposer plainte pour « recel de criminel »

Pédocriminalité dans l’Eglise : Les victimes présumées du père Rivoire vont déposer plainte pour « recel de criminel »

PLAINTEUne plainte pour « recel de criminel » va être déposée à Lyon contre la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, à laquelle appartient le père Joannes Rivoire, accusé d’agressions sexuelles au Canada
Une délégation d'Inuits est actuellement en France pour demander l'extradition du père Joannes Rivoire accusé d'agressions sexuelles sur des enfants au Canada.
Une délégation d'Inuits est actuellement en France pour demander l'extradition du père Joannes Rivoire accusé d'agressions sexuelles sur des enfants au Canada. - Caroline Girardon / 20 Minutes
Caroline Girardon

Caroline Girardon

L'essentiel

  • En déplacement en France depuis le début de la semaine afin de réclamer l’extradition du père Joannes Rivoire, une délégation d’Inuits a annoncé jeudi qu’elle allait porter plainte.
  • Une plainte pour « recel de criminel » sera déposée contre la congrégation des OMI, à laquelle appartient l’ancien missionnaire, accusé d’agressions sexuelles au Canada.
  • Nadia Debbache, avocate qui les conseille, pense que le prêtre a été protégé depuis son retour précipité en France, en 1993.

«Pourquoi ? Pourquoi ?….Ce n’est pas juste. » Devant les médias, Jesse a dû mal à cacher sa « frustration » et sa colère. Son père Marius, décédé en 2012 de l’autre côté de l’Atlantique, est l’une des victimes présumées du père Joannes Rivoire que la France refuse d’extrader vers le Canada. Soupçonné d’avoir agressé sexuellement des enfants inuits lorsqu’il exerçait sur les terres du Nunavut, l’ancien missionnaire a quitté précipitamment ses ouailles, il y a trente ans. Malgré un mandat d’arrêt émis à son encontre, il n’a jamais remis les pieds au Canada. Et n’a jamais été inquiété.

« Il y a des gens au Canada et en France qui ont laissé faire », peste le trentenaire décidé à « continuer » le combat. En déplacement en France depuis le début de la semaine, une délégation d’Inuits est venue « chercher de l’aide », réclamer son extradition et demander des comptes ceux « qui l’ont protégé durant toutes ces années ». Notamment, sa congrégation : les Oblats de Marie-Immaculée (OMI), accusent-ils. « Nous allons déposer une plainte pour recel de criminel », indique Nadia Debbache, l’avocate qui les conseille.

« Sa congrégation a apporté aide et assistance à une personne poursuivie pour des actes criminels »

L’intéressée n’est pas novice en la matière. C’est elle qui a défendu François Devaux, l’une des victimes du père Preynat. La plainte sera déposée « dans les prochains jours » à Lyon, là où réside depuis deux ans Joannes Rivoire. « Sa congrégation a apporté aide et assistance à une personne qui faisait l’objet de poursuites pour des actes criminels », justifie-t-elle, rappelant que le missionnaire a passé vingt ans dans le sud de la France, logeant dans l’un des sanctuaires des Oblats, sans jamais devoir rendre de compte à la justice. Sans jamais avoir été contraint de retourner là-bas pour répondre aux questions de la police.

Si la congrégation assure avoir eu connaissance en 2013 des accusations dont Joannes Rivoire faisait l’objet, l’avocate n’en croit pas un mot. « Nous allons demander au procureur de Lyon d’ouvrir une enquête pour voir ce qui a pu se passer dans ce dossier, pour voir l’aide dont il a bénéficié, poursuit-elle. En 2013, l’OMI n’a pas effectué de signalement aux autorités françaises. Elle s’est contentée d’un signalement auprès de la congrégation pour la doctrine de la foi. » Cette dernière aurait « donné pour instruction de maintenir Joannes Rivoire en résidence surveillée » sans prévenir pour autant les autorités judiciaires. La raison invoquée : « L’âge » du prêtre.

Il aura fallu attendre 2018 pour que le père Vincent Gruber, provincial des Oblats de France, le signale auprès du parquet de Strasbourg, soulève encore Nadia Debache. Mercredi, l’OMI a annoncé qu’elle allait engager contre le père Rivoire une procédure canonique de renvoi. « Il a désobéi à l’ordre de se présenter à la justice », justifiait Vincent Gruber.


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