Rouen : L’ancienne députée Sira Sylla condamnée pour harcèlement sur un assistant

PRUD'HOMMES L'ex-députée Renaissance devra verser près de 76.000 euros au plaignant

20 Minutes avec AFP
— 
Sira Sylla (LREM) est restée députée de la Seine-Maritime de juin 2017 à juin 2022.
Sira Sylla (LREM) est restée députée de la Seine-Maritime de juin 2017 à juin 2022. — T.Samson/AFP

Elle avait siégé à l’Assemblée nationale pendant cinq ans. L’ex-députée Renaissance, Sira Sylla, a été condamnée mardi par les prud’hommes de Rouen ( Seine-Maritime) pour le harcèlement moral d’un ex-assistant parlementaire à qui elle doit payer près de 76.000 euros. Le conseil « constate que les multiples SMS envoyés par madame Sira Sylla » au plaignant « contiennent des menaces de sanction répétées, des propos méprisants, des reproches sur sa pathologie », selon la décision de justice rendue.

« La répétition de ces envois a dégradé les conditions de travail » du plaignant « ainsi que sa santé mentale. En conséquence, le conseil » lui « accorde la somme de 20.000 euros en dommages et intérêts pour harcèlement moral ». Le conseil des prud'hommes n’a en revanche « pas retenu le travail dissimulé » demandé par le plaignant. Le reste de la somme est demandé pour « manquement à l’obligation de sécurité », « heures supplémentaires », « licenciement nul », indemnité de préavis, indemnité de licenciement et congés payés.

Le contrat de travail résilié

Les prud’hommes prononcent aussi la « résiliation du contrat de travail au tort de Sira Sylla », élue députée en 2017 avant d’être battue au premier tour en juin. « Le harcèlement moral de Mme Sylla » envers le plaignant « est un manquement d’une gravité suffisante pour empêcher la suite du contrat de travail de ce dernier », selon les Prud’hommes.

Le conseil précise en outre que le plaignant, « souffrant d’une pathologie cardiaque importante » n’a « pas communiqué sa pathologie à Mme Sylla lors de son embauche car elle ne l’empêchait pas de travailler ». L’ex-députée le lui avait reproché.

Déjà condamnée en 2021 pour une autre affaire

L’assistant parlementaire avait été embauché le 9 janvier 2019 et était en arrêt de travail depuis septembre 2021. Il demandait 50.000 euros pour harcèlement et 34.000 euros pour licenciement nul ou à défaut sans cause.

Le 29 janvier 2021, déjà, les Prud’hommes de Paris avaient condamné Sira Sylla pour le harcèlement moral d’un autre assistant parlementaire. L’ex-députée a fait appel. Selon France Bleu Normandie, une troisième plaignante a été déboutée par le conseil des prud’hommes de Rouen en août 2021.