L’imam Hassan Iquioussen visé par un mandat d’arrêt européen

EN FUITE Ce mandat d’arrêt européen a été lancé pour « soustraction à l’exécution d’une décision d’éloignement »

20 Minutes avec AFP
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Cette photo d'archive prise le 18 juin 2004 montre l'Imam Hassan Iquioussen à gauche.
Cette photo d'archive prise le 18 juin 2004 montre l'Imam Hassan Iquioussen à gauche. — FRANCOIS LO PRESTI/AFP

Après la validation de son expulsion par le Conseil d’Etat, l’imam Hassan Iquioussen reste introuvable. Un mandat d’arrêt européen a alors été délivré par un juge d’instruction de Valenciennes (Nord) contre le prédicateur, considéré comme en fuite, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier. Révélé par BFMTV, ce mandat d’arrêt européen a été lancé pour « soustraction à l’exécution d’une décision d’éloignement » (article L824-9 du code des étrangers), ont précisé à l’AFP des sources proches du dossier.

Mardi après le feu vert du Conseil d’Etat à l’expulsion de Hassan Iquioussen, la police ne l’avait pas trouvé à son domicile de Lourches, près de Valenciennes. Le lendemain, le préfet du Nord avait expliqué, lors d’une conférence de presse, que l’imam était dès lors considéré comme « délinquant », car en fuite.

Déjà parti en Belgique ?

Si effectivement le prédicateur est resté en France, le motif du mandat d’arrêt est justifié, selon des sources proches du dossier. Mais, le ministre de l’Intérieur a affirmé depuis que l’imam était « manifestement en Belgique » et s’en est félicité. Or, dans ce cas, selon des sources proches du dossier, Hassan Iquioussen est considéré comme ayant lui-même exécuté la mesure d’éloignement.

Sous le coup d’un arrêté d’expulsion signé du ministre, il peut en effet quitter la France pour n’importe quel pays. Les modalités d’expulsion ne sont pas fixées dans un arrêté d’expulsion. En revanche, une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui n’a pas été prise à son encontre, prévoit des modalités d’expulsion vers le pays d’origine.

Compliqué juridiquement

Si bien que ce mandat d’arrêt et son motif ne se justifient que si l’imam est en France. « C’est compliqué juridiquement », a reconnu auprès de l’AFP une source proche du dossier, quand une autre a fait valoir qu’il avait fallu faire preuve « d’acrobaties juridiques pour judiciariser une poursuite contre quelqu’un sous le coup d’une mesure administrative ».

Le Conseil d’Etat a donné son feu vert mardi à l’expulsion de Hassan Iquioussen (né en France il y a 58 ans mais de nationalité marocaine) dont le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait fait ces dernières semaines un symbole de la lutte du gouvernement contre les « discours séparatistes ». Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet l’expulsion de ce prédicateur du Nord, fiché S  (pour sûreté de l’Etat) par la DGSI​ « depuis dix-huit mois », selon lui. L’arrêté d’expulsion lui reproche « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraires aux valeurs de la République ».