Val-de-Marne : Quatre policiers condamnés à 6 mois avec sursis pour violences

JUSTICE Dix ans après les faits, quatre policiers ont été condamnés jeudi par le tribunal de Créteil à six mois de prison avec sursis pour des faits de violence datant de 2012

Imane Al Adlouni
Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne).
Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne). — DUPUY FLORENT/SIPA

Plus de dix ans après les faits, quatre policiers ont été condamnés jeudi par le tribunal de Créteil à six mois de prison avec sursis pour des faits de violences​ datant de 2012 sur un homme qui tentait de calmer un différend entre deux personnes, à Vincennes, dans le Val-de-Marne.

Cette peine, légèrement supérieure à celle réclamée fin juin par le parquet, qui avait requis cinq mois d’emprisonnement avec sursis contre ces anciens membres de la Brigade anticriminalité (BAC), aujourd’hui gradés ou retraités.

Le tribunal de Créteil a reconnu les policiers coupables de violences volontaires et a retenu les circonstances aggravantes des violences en réunion et avec usage d’arme. Cette condamnation ne sera pas inscrite au bulletin n° 2 de leur casier judiciaire. Un autre des policiers, stagiaire et n’appartenant pas à la BAC en 2012, qui était jugé pour violences sur le frère de la victime, a, lui, été relaxé.

Trois semaines d’ITT pour la victime

Le 17 mars 2012, Brice appelle la police pour les prévenir d’un conflit : un ami, qui s’était vivement disputé avec sa compagne, est menacé par un commerçant qui brandit un couteau. Il appelle aussi son aîné, Franck. Les deux frères racontent avoir essayé de gérer la situation en attendant l’arrivée de policiers, suivis d’une équipe de la BAC en renfort.

Tout a basculé, pour eux, quand l’un des agents a donné « un coup de poing » à leur ami, raconte Franck. « En deux secondes », lui et son frère, 34 et 31 ans, sont menottés. « On a fait en sorte que mes doigts touchent mes avant-bras », décrit encore Franck. Des attestations médicales feront état d’un arrachement osseux et d’une vertèbre cassée. Vingt et un jours d’ITT pour Franck, deux pour Brice.

Par la suite, les frères avaient été relâchés, sans suite judiciaire. Pour les policiers, à qui l’on reproche aussi des coups de tonfa et une clef d’étranglement, les deux frères étaient virulents.

L’un des policiers, à qui est reproché d’avoir donné des coups de matraque télescopique, avait affirmé à la barre « ne pas avoir eu l’information » que la situation avait déjà été maîtrisée. Il a plaidé avoir agi « dans l’urgence » en pensant « intervenir pour des violences sur une femme avec un porteur de couteau ».