Nord : Malade, une rapatriée des camps de Syrie porte plainte contre ses conditions de détention

PRISON Une des Françaises rapatriées des camps de prisonniers djihadistes en Syrie, début juillet, a déposé plainte contre ses conditions de détention à Sequedin, dans le Nord

20 Minutes avec AFP
Illustration d'une prison.
Illustration d'une prison. — M; Libert / 20 Minutes

Elle n’a pas été placée en unité médicalisée alors qu’elle souffre d’un cancer du côlon. L’une des Françaises rapatriées des camps de prisonniers djihadistes en Syrie, début juillet, a porté plainte contre ses conditions de détention à Sequedin, dans le Nord, a indiqué, ce vendredi, son avocat, à l’AFP.

La plainte a été déposée, lundi, par cette femme de 34 ans pour « refus d’agir pour faire cesser une détention qu’on sait illégale » et « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », a précisé Me Emmanuel Daoud. Selon l’avocat, un médecin chargé d’estimer si son état de santé était compatible avec un placement en détention avait estimé que ses « troubles actuels » étaient « incompatibles avec une détention ordinaire ».

Mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste

Depuis le dépôt de la plainte, la mère de famille de quatre enfants a toutefois été admise en UHSI (unité hospitalière sécurisée interrégionale) le 20 juillet, a indiqué le ministère de la Justice, sans donner plus de détails en raison du secret médical. D’après le ministère de la Justice, dont dépend l’administration pénitentiaire, elle avait « été examinée par un médecin dès son arrivée », et celui-ci avait alors estimé que sa prise en charge en détention ordinaire « était adaptée », et qu’un placement en UHSI n’était « pas nécessaire ».

La détenue, rapatriée le 5 juillet en France du camp kurde de Roj, dans le nord-est de la Syrie, avec ses enfants, a été mise en examen le 6 juillet pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et « abandon matériel ou moral de mineur par ascendant », et incarcérée à Sequedin.

Deux opérations chirurgicales en Syrie

Au total, 16 femmes et 35 mineurs, qui vivaient pour certains depuis la chute en 2019 du groupe Etat islamique (EI) dans des camps du nord-est de la Syrie ont été alors ramenés en France. La plaignante avait quitté la France en 2015 après s’être convertie à l’islam, avec ses trois premiers enfants et son compagnon djihadiste, qui a été tué. Son deuxième mari, un autre membre de l’EI, est aussi décédé.

Lors de sa détention en Syrie, elle a fait l’objet, selon son avocat, de deux opérations chirurgicales pour traiter son cancer. Sa mère avait imploré le président Emmanuel Macron en juin de la rapatrier, en appelant à son « humanité ».