Amiens : Deux femmes louaient des immeubles via Airbnb et Booking pour des activités de prostitution

ENQUÊTE La propriétaire et la gérante de deux immeubles, mis en location sur Airbnb et Booking, ont été mises en examen pour avoir, en toute connaissance de cause, mis à disposition des logements à des prostituées

Mikaël Libert
Illustration d'une prostituée.
Illustration d'une prostituée. — F. Scheiber / 20 Minutes
  • A Amiens, deux femmes louaient des immeubles à des prostituées sur Airbnb.
  • Leur activité de proxénétisme hôtelier a été découverte grâce aux plaintes du voisinage.
  • Mises en examen, elles encourent 10 ans de prison, une lourde amende et la confiscation de leurs immeubles.

Maisons closes. Deux immeubles privés situés à Amiens, dans la Somme, ont été saisis dans le cadre d’une procédure judiciaire de proxénétisme hôtelier. Deux femmes, la gérante et la propriétaire des biens, ont été interpellées et mises en examen a-t-on appris auprès du parquet d’Amiens. Elles sont soupçonnées d’avoir loué ces immeubles via des plateformes pour abriter des activités de prostitution.

Que des locations entre particuliers soient utilisées à l’insu des propriétaires par des prostituées ou pour tourner des films pornographiques est devenu relativement courant. Mais l’affaire qui nous intéresse ici est d’une autre ampleur. Tout a commencé après que plusieurs plaintes ont été déposées pour dénoncer ce qui semblait être des activités de prostitution dans un immeuble amiénois.

Une peine et des sanctions très lourdes

L’affaire a été prise au sérieux et le procureur de la République d’Amiens a ouvert une enquête. Les investigations des policiers ont non seulement permis de confirmer les allégations des voisins, mais aussi de découvrir que le même manège se déroulait dans un autre immeuble. Les enquêteurs ont pu identifier deux femmes, la propriétaire des biens et la gérante. Ils se sont aussi aperçus que les prostituées qui exerçaient dans les immeubles payaient leur location via les plateformes Booking et Airbnb.

Les deux suspectes ont finalement été interpellées et placées en garde à vue. « Les propriétaires des biens ne sont pas les organisateurs de l’activité puisqu’il ne s’agit pas de réseau de proxénétisme », a précisé le procureur à 20 Minutes. En revanche, elles sont soupçonnées de « proxénétisme hôtelier », autrement dit, d’avoir loué leurs biens en toute connaissance de cause à des prostituées pour qu’elles y exercent leur activité.

« Vendre ou tenir à la disposition d’une ou de plusieurs personnes des locaux ou emplacements non utilisés par le public, en sachant qu’elles s’y livreront à la prostitution » est un délit passible de dix ans d’emprisonnement et de 750.000 euros d’amende. Les deux immeubles ont par ailleurs été saisis « au titre de l’instrument de l’infraction ». Lors de leur procès, qui doit se tenir le 17 novembre, le tribunal pourra prononcer la confiscation définitive des biens dont la valeur est estimée à près de 500.000 euros.