Affaire Martine Escadeillas : Joël Bourgeon condamné à 20 ans de réclusion pour le meurtre de la jeune femme disparue en 1986

VERDICT Le procès devant la cour d’assises de Haute-Garonne n’a pas permis de savoir où se trouve le corps de Martine Escadeillas

20 Minutes avec AFP
— 
Un dossier lors du procès sur le meurtre de Martine Escadeillas, à Toulouse le 1er juillet 2022.
Un dossier lors du procès sur le meurtre de Martine Escadeillas, à Toulouse le 1er juillet 2022. — AFP

Le « cold case » a désormais sa réponse. Joël Bourgeon a été condamné mercredi soir à 20 ans de réclusion pour le meurtre de Martine Escadeillas, disparue fin 1986, après avoir réaffirmé son innocence lors de son procès à Toulouse.

Le jury de la cour d’assises de Haute-Garonne a suivi l’avocat général. Pour ce dernier, il n’y a « pas de doute raisonnable sur la culpabilité de Joël Bourgeon », un ancien ami de Martine, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et de son compagnon, Thierry Milicevic. Lors de son réquisitoire, Nicolas Ruff a passé en revue « le faisceau d’indices graves et concordants » que, faute de preuves irréfutables, les enquêteurs ont mis en avant en amont de ce procès, qui a débuté vendredi dernier.

Des aveux puis une rétractation

L’avocat général a en outre rappelé que l’accusé a avoué le meurtre de Martine en 2019, plus de trois décennies après sa disparition en 1986, avant de se rétracter et d’affirmer que les enquêteurs avaient exercé des « pressions » sur lui et lui avaient dicté ses aveux. Si Nicolas Ruff a reconnu des « errements » dans l’enquête, « laissée en jachère pendant des années et des années », il a assuré que les aveux de Joël Bourgeon ne lui ont pas été « extorqués ».

Prenant le contre-pied de l’avocat général, Me Eric Mouton, défenseur de l’accusé, avait invité le jury à « douter » de « cette fameuse théorie, un peu scélérate, du faisceau d’indices ». « Depuis 35 ans, on cherche un coupable », avait-il affirmé, soulignant la difficulté à juger des faits anciens, qui rendent « les témoignages modulables, modifiables, au gré des souvenirs ».

Un mystère demeure

L’accusé, aujourd’hui âgé de 58 ans, était très proche du compagnon de Martine. Ils jouaient ensemble au football, faisaient des sorties à moto et avaient été invités à un déjeuner chez les parents de la jeune femme la veille de sa disparition. Lundi, plusieurs témoins ont évoqué le stress et la crainte ressentis par Martine Escadeillas, alors âgée de 24 ans, avant sa disparition au matin du 8 décembre 1986 en banlieue de Toulouse. Mais là encore, le temps passé brouillait leurs souvenirs. Ce procès terminé, une question reste toutefois sans réponse : Où se trouve la dépouille de jeune femme ?