Affaire Sophie Le Tan : « Tous les jours je pense à cette fille », témoigne celui qui avait découvert le corps en forêt

ASSISES Le quatrième jour du procès de Jean-Marc Reiser, qui a avoué tué Sophie Le Tan en 2018, a vu un retraité témoigner. C'est lui qui avait découvert le corps de la victime en forêt en 2019

T.G. avec AFP
Un policier entre à la cour d'assises du Bas-Rhin, à Strasbourg, où est jugé depuis lundi Jean-Marc Reiser.
Un policier entre à la cour d'assises du Bas-Rhin, à Strasbourg, où est jugé depuis lundi Jean-Marc Reiser. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Le procès de Jean-Marc Reiser se poursuit aux assises du Bas-Rhin, à Strasbourg. Ce quatrième jour, celui qui avait découvert le corps de Sophie Le Tan est venu témoigner.
  • « Ce sont les champignons qui m’ont amené à trouver le crâne », a déclaré ce retraité alsacien, très ému. « Depuis ce jour, tous les jours je pense à cette fille qui pourrait être ma fille. Aujourd’hui, c’est un aboutissement pour moi, car j’ai pu ramener Sophie à vous. »
  • Le procès doit se conclure mardi prochain.

Une sortie en famille un mercredi d’automne pour aller chercher des champignons dans une forêt vosgienne… Qui vire à une découverte macabre. Le promeneur qui avait retrouvé le corps de Sophie Le Tan a raconté jeudi devant les assises du Bas-Rhin le hasard qui l’a mené aux seuls ossements retrouvés.

« Ce sont les champignons qui m’ont amené à trouver le crâne », a déclaré ce retraité alsacien, au quatrième jour du procès de Jean-Marc Reiser, qui doit se conclure mardi prochain. « C’était le 23 octobre (2019), j’aime cueillir les champignons en famille. C’est un endroit où je vais depuis trente ans. La semaine d’avant il n’y avait pas de champignons et là il y en avait partout », a-t-il poursuivi.

Sophie Le Tan avait disparu un peu plus d’un an plus tôt, le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, en allant visiter un appartement à côté de Strasbourg, et les importantes fouilles de la police et les nombreuses battues citoyennes n’avaient pas permis de la retrouver.

Accompagné de son épouse et de sa fille, gendarme de profession, le retraité, venu témoigner jeudi, trouvera d’abord, au pied d’un talus, un crâne sans mâchoire inférieure et un humérus dans une fosse peu profonde recouverte de pierres et de branchages.

La famille prévient les gendarmes, les accompagne sur le lieu, puis, après une heure de recherches aux alentours, a l’autorisation de quitter les lieux et de poursuivre sa promenade. L’homme et son épouse décident d’aller à proximité d’un rucher, autre lieu connu pour la cueillette de champignons, à 450 mètres de là. Ils découvrent alors des côtes humaines.

« J’ai pu ramener Sophie à vous »

« Depuis ce jour, tous les jours je pense à cette fille qui pourrait être ma fille. Aujourd’hui, c’est un aboutissement pour moi, car j’ai pu ramener Sophie à vous », a expliqué, ému, le retraité. Malgré d’intenses recherches, les enquêteurs ne retrouveront pas d’ossements à d’autres endroits.

Jugé pour assassinat, donc pour avoir prémédité son acte, Jean-Marc Reiser conteste avoir tendu un piège à l’étudiante, évoquant avoir « perdu les pédales » quand elle a repoussé ses avances. Il l’a tuée à coups de poing et de pieds dans un « état de fureur », selon ses termes, et s’est ensuite débarrassé du corps en le démembrant avec une scie à métaux.

L’état des parties de corps retrouvées, restées donc plus d’un an dans la forêt, n’a pas permis de déterminer la cause de la mort ni si la jeune femme avait été victime de violences sexuelles.