Toulouse : Quelles conditions pour le deuxième procès d’activistes handicapés ?

JUSTICE Quinze militants pour l’accessibilité, dont dix personnes handicapées, sont jugés en appel ce jeudi à Toulouse pour leurs actions d’éclat. Ils redoutent autant les conditions matérielles du procès que son issue

Hélène Menal
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La cour d'appel de Toulouse a pris des dispositions particulières.
La cour d'appel de Toulouse a pris des dispositions particulières. — Canva
  • Quinze activistes, dont dix handicapés, comparaissent en appel ce jeudi à Toulouse pour avoir bloqué un TGV et les pistes de l’aéroport.
  • Ils redoutent les conditions de l’audience, après un premier procès mal adapté à leurs handicaps respectifs.
  • Mais, cette fois, des dispositions spéciales ont été prises en amont.

Ils vont, de nouveau, porter leur combat pour l’accessibilité jusqu’à l’intérieur de la salle d’audience. Quinze « activistes », dont dix en situation de handicap, sont rejugés en appel ce jeudi à Toulouse pour avoir bloqué un TGV sur les voies puis les pistes de l’aéroport en 2018. « On a bloqué les passagers une heure, nous c’est toute la vie », s’enflamme Odile Maurin, égérie en fauteuil du mouvement et déjà à sa défense sur le fond.

Mais les prévenus alertent aussi sur la forme depuis une semaine, après ce qu’ils appellent le «fiasco» du premier procès, en mars 2021. Certains avaient eu toutes les difficultés du monde à accéder dans une salle bondée, en pleine crise sanitaire. L’audience s’était terminée à 22h30, quand les auxiliaires de vie ne sont plus là pour aider à la toilette ou au coucher. Bedrya par exemple, qui souffre d’importantes difficultés d’élocution, n’avait pu s’exprimer ou en tout cas être entendue.

Nouvelle rampe et pause toutes les deux heures

Et si Odile Maurin prédit un « bis repetita », les choses devraient mieux se passer cette fois. La juridiction prépare depuis plusieurs mois ce procès pour « anticiper sur les difficultés qui ont pu se poser en premier ressort ». Une salle d’audience inhabituelle a été aménagée et une rampe d’accès a été installée côté cour d’appel du Palais de justice. Par ailleurs, l’audience n’ira pas au-delà de 19h45, quitte à reprendre le lendemain « L’organisation de pauses toutes les deux heures demandée par les prévenus » a été acceptée, précise le secrétariat général. Et Bebrya aura cette fois un interprète à ses côtés.

Les activistes, qui n’ont pas pu inspecter les aménagements comme ils le réclamaient, sont sceptiques. « Du validisme, lâche Odile Maurin. Ils n’ont aucune conscience de nos difficultés réelles ». L’élue municipale d’opposition doit comparaître deux fois ce jeudi. Pour les blocages mais aussi, seule, pour des violences pendant une manifestation des « gilets jaunes ».