Marineland : La justice saisie pour obtenir l'expertise de deux orques dont la santé préoccupe une association

CETACES Le tribunal judiciaire de Grasse doit se prononcer ce jeudi sur la demande de nomination d’un expert pour ausculter deux orques du parc marin d’Antibes, Moana et Inouk, qui souffriraient « de graves problèmes de santé »

Fabien Binacchi
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Les quatre orques de Marineland, dont Moana et Inouk, et leurs soigneurs (Archives)
Les quatre orques de Marineland, dont Moana et Inouk, et leurs soigneurs (Archives) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • L’association One Voice a formulé devant la justice une « demande d’expertise sur l’état des bassins [de Marineland], de l’eau, et des troubles que cela occasionne sur l’état de santé et de bien-être des orques détenues au delphinarium ».
  • Deux cétacés présenteraient de « de graves problèmes de santé » selon elle, ce que le parc marin d’Antibes dément.
  • Le tribunal judiciaire de Grasse doit se prononcer jeudi sur la demande de nomination d’un expert.

Un expert sera-t-il mandaté par la justice pour aller examiner deux orques de Marineland qui souffriraient, selon One Voice, « de graves problèmes de santé » ? Saisi par l’association, le tribunal judiciaire de Grasse doit trancher ce jeudi et décider ou non d’envoyer un spécialiste enquêter sur le sort de Moana, 11 ans, et Inouk, 23 ans.

One Voice, qui multiplie les initiatives contre le parc d’Antibes et qui milite pour que ces animaux soient envoyés dans des sanctuaires, avait lancé une alerte en novembre dernier. Le plus jeune des deux cétacés souffrirait, comme son oncle, de « lésions sous-dermiques […] très préoccupantes » et demanderait « une prise en charge vétérinaire urgente ». One Voice annonçait même le dépôt d’une plainte pour actes de cruauté. Une accusation « aussi infondée que calomnieuse », selon la direction du zoo. Elle rappelait que « Marineland n’a jamais été condamné à quoique ce soit » et diffusait, en réponse, une vidéo de l’animal jouant avec une soigneuse.

Marineland raillait « un diagnostic vétérinaire sans ausculter l’animal »

L’ONG se basait alors sur les conclusions d’une biologiste marine et d’un vétérinaire, fondées sur des photos prises entre 2016 et fin 2021 : l’état de santé des orques serait le résultat « de facteurs de stress aigus et chroniques associés à un confinement non naturel dans une installation extrêmement mal entretenue ». Elle se faisait directement renvoyer dans les cordes. « Comment un soi-disant scientifique peut-il effectuer un diagnostic vétérinaire sans ausculter l’animal », interrogeait le parc.

C’est donc pour confirmer les conclusions des Drs Ingrid Visser et Pierre Gallego que la justice a été à nouveau saisie en référé. « Nous demandons justement que le tribunal décide d’ordonner une expertise indépendante, explique One Voice. On ne demande ni à avoir accès aux animaux, ni non plus que les experts à qui nous avons fait appel en disposent. Le but est l’évaluation de l’état de santé d’Inouk et de Moana, et plus largement celui de l’eau et des installations, mais toujours dans cette optique. »

« Notre mission prioritaire est de garantir la santé des animaux »

Sollicité cette semaine par 20 Minutes, Marineland explique « attendre la décision de justice pour s’exprimer ». Le parc rappelait en fin d’année dernière que « les inspections menées très régulièrement par des services de l’Etat ont souligné les bonnes conditions dans lesquelles sont hébergés les animaux ». « Notre mission prioritaire est de garantir la santé et le bien-être des animaux. Nous assurons ainsi chaque jour de l’année cette mission avec professionnalisme et passion », appuyait-il aussi sur une publication Facebook.

En fin d’année dernière, le parlement adoptait définitivement une proposition de loi contre la maltraitance animale qui prévoit notamment l’interdiction pour les zoos de détenir des cétacés à partir de 2026. Sauf s’ils sont autorisés à faire des recherches à leur sujet. « Nous participons déjà à presque tous les programmes scientifiques qui existent et nous sommes candidats à ceux que le ministère pourrait créer », expliquait le directeur du parc, Pascal Picot, en mars, à 20 Minutes. « C’est notre métier », ajoutait-il.