Damien Abad, ministre des Solidarités, visé par une plainte pour une tentative de viol en 2010

ACCUSATIONS La plainte d’une élue centriste a été déposée au parquet de Paris. Le ministre a aussitôt riposté en annonçant à son tour une plainte pour dénonciation calomnieuse

20 Minutes avec AFP
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Le ministre des Solidarités, Damien Abad, le 19 juin 2022.
Le ministre des Solidarités, Damien Abad, le 19 juin 2022. — AFP

La polémique autour de Damien Abad est une nouvelle fois relancée. Une plainte pour tentative de viol a été déposée lundi contre le ministre des Solidarités, qui a aussitôt répliqué en annonçant une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le parquet de Paris a confirmé avoir reçu lundi une plainte pour tentative de viol visant Damien Abad, révélée par Mediapart, précisant que celle-ci était « actuellement en cours d’analyse ». Selon le site d’investigation, elle a été déposée par une « élue centriste », qui accuse le ministre d’avoir tenté de la violer lors d’une fête organisée chez lui, à Paris, au premier semestre 2010.

« Il faut libérer la parole des femmes »

« Une nouvelle fois, je conteste avec la plus grande fermeté toute accusation de tentative de viol ou d’agression sexuelle », a de son côté affirmé le ministre dans une déclaration écrite transmise à la presse. « Je ne laisserai pas ces accusations mensongères et scandaleuses sans réponse. Dès ce jour, j’ai demandé à mes avocats de déposer une plainte en dénonciation calomnieuse ».

« C’est une tentative d’intimidation des autres victimes », a pour sa part réagi Me Raphaële Bialkiewicz, avocate de la plaignante, assurant que cette dernière était « sereine ». « Ma cliente a parlé pour que ça ne se reproduise plus, elle répond à l’appel d’Elisabeth Borne » qui avait invité mi-juin les femmes victimes de violences sexuelles à déposer plainte, a déclaré Me Bialkiewicz. « Elle a l’intime conviction qu’il faut libérer la parole des femmes ».

Mi-juin, Mediapart avait publié le témoignage de cette femme sous le prénom d’emprunt de « Laëtitia ». Elle était, lors des faits qu’elle dénonce, présidente d’une fédération du mouvement de jeunesse du Nouveau centre, dont Damien Abad, alors député européen, était le président national.

Trois femmes accusent le ministre

Le soir des faits, selon son récit, Damien Abad lui a « offert un verre » au fond duquel elle a vu « quelque chose » : méfiante, elle est allée recracher sa gorgée aux toilettes. Toujours selon ses dires, il l’attendait derrière la porte et tout est allé « très vite » : l’eurodéputé l’aurait « poussée dans une pièce en face » puis aurait tenté de la contraindre à une fellation. « J’avais peur, j’étais sidérée. Je me suis débattue, je l’ai frappé dans le ventre », raconte-t-elle. « Laëtitia » dit avoir finalement pu « se défaire » de son agresseur présumé et sortir de la pièce grâce à l’irruption d’un convive.

Il s’agit de la troisième femme à accuser le ministre de violences sexuelles, mais à ce jour, aucune enquête n’a été ouverte. L’une d’elles, Margaux (prénom modifié) a déposé plainte à deux reprises, mais celles-ci ont été classées sans suite en 2012, puis en 2017, d’abord pour « carence de la plaignante », puis « faute d’infraction suffisamment caractérisée ».