Stade Rennais : Le père d’un joueur condamné pour des violences sur le directeur du centre de formation

FOOTBALL Après un match de la réserve du Stade Rennais où jouait son fils Noah, Robert Françoise avait violenté le directeur du centre de formation Denis Arnaud

Camille Allain
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Le centre d'entraînement du Stade Rennais est installé sur le site de la Piverdière, à Rennes.
Le centre d'entraînement du Stade Rennais est installé sur le site de la Piverdière, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le père d’un joueur de la réserve du Stade Rennais a été condamné à un stage de citoyenneté pour des violences perpétrées sur le directeur du centre de formation.
  • Le père de Noah Françoise avait expliqué qu’il ne s’entendait pas avec Denis Arnaud, estimant qu’il bloquait la progression de son fils.
  • Le club et le dirigeant avaient porté plainte après les faits, dénonçant un climat de plus en plus pesant de la part de certains parents.

« La réelle victime de tout ça, c’est Noah ». Lorsqu’il avait prononcé cette phrase devant le tribunal correctionnel de Rennes le 10 juin, Robert Françoise n’imaginait sans doute pas être repris de volée par la juge qui présidait l’audience. « Non monsieur. La victime de tout ça, c’est Denis Arnaud et le Stade Rennais », lui avait répondu la magistrate. Jugé pour des violences perpétrées sur le directeur du centre de formation après une rencontre de la réserve rennaise où évolue son fils, le père du jeune footballeur a été condamné à un stage de citoyenneté assorti d’une amende de 600 euros avec sursis.

Les faits s’étaient déroulés le 23 avril à la Piverdière, après la fin de la rencontre entre la défaite de la réserve du SRFC face au Stade Brestois. Une vidéo montrait la colère du prévenu, qui violentait Denis Arnaud et revenait à la charge plusieurs fois alors que les deux hommes étaient séparés par des témoins.

Lors de l’audience, le prévenu avait vu le procureur être plutôt clément en ne demandant qu’une simple peine d’amende de 800 euros et l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté sous six mois. La juge l’a entendu. « Agresser un éducateur, c’est agresser toute la profession. Et ces agressions se multiplient parce que des parents sont insatisfaits de la situation de leur enfant. C’est dans la même veine que les agressions d’enseignants à la sortie de l’école », avait plaidé Didier Lacombe, avocat de l’Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football français (Unecatef), qui s’était porté partie civile.

« Je n’ai porté aucun coup »

Absent de l’audience, le directeur du centre de formation du Stade Rennais avait été décrit comme « très choqué psychologiquement » par son avocat Thierry Fillion. Le médecin qui avait vu son client après l’agression avait décelé une fracture à une côte, occasionnant 15 jours d’arrêt de travail. Après avoir longuement regardé une courte vidéo amateur, les enquêteurs avaient estimé que le père de Noah Françoise avait « armé un coup de poing » avant de « l’asséner sur le haut du corps de la victime ». « Je n’ai porté aucun coup », avait assuré le prévenu, reconnaissant avoir simplement bousculé le directeur du centre de formation. Le club avait porté plainte.

Au-delà des violences, c’est aussi le motif de l’altercation qui avait interrogé le tribunal. D’après Robert Françoise, « il y avait une accumulation » de situations compliquées entre lui et le directeur du centre de formation. Le prévenu estimait que Denis Arnaud avait « caché » le nom de son fils au nouvel entraîneur Bruno Genesio, ou encore qu’il avait tenté de convaincre le sélectionneur de l’équipe de France Espoirs de ne pas le sélectionner. « Un raisonnement délirant », selon l’avocat du Stade Rennais Thierry Fillion. « C’est impossible et impensable », avait ajouté l’avocat. Le prévenu a interdiction de se présenter dans une enceinte sportive pendant un an et interdiction de contact avec la victime pendant la même période.

Capitaine de la réserve du Stade Rennais avant cette altercation, Noah Françoise a conservé la confiance de son coach et porté le brassard jusqu’à la fin de saison. Premiers de leur poule de National 3, les jeunes rouge et noir évolueront en National 2 la saison prochaine. Quant au jeune défenseur, il était présent à la reprise aux côtés des professionnels lundi.