Attentats du 13-Novembre : Les accusés vont pouvoir s’exprimer une dernière fois ce lundi

DERNIERE AUDIENCE A partir de 9h30 ce lundi, chaque accusé pourra prendre une dernière fois la parole. Le verdict est attendu mercredi soir

20 Minutes avec AFP
— 
Une partie des accusés au procès des attentats du 13-novembre.
Une partie des accusés au procès des attentats du 13-novembre. — AFP

Le procès des attentats du 13-Novembre touche à sa fin. Les quatorze accusés présents devant la cour d’assises spéciale de Paris disposent d’une dernière occasion de s’exprimer ce lundi avant que les juges professionnels n’entament leur délibéré et ne rendent leur verdict attendu mercredi soir.

L’ultime audience de ce procès-fleuve commencé en septembre, le plus long de l’histoire judiciaire criminelle française d’après-guerre, doit commencer à 09h30. Comme le prévoit la loi, chaque accusé sera invité à prendre la parole par le président Jean-Louis Périès.

Quasiment muet durant l’instruction, Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos ayant causé la mort de 130 personnes à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015, a en revanche beaucoup parlé durant l’audience.

Abdeslam entre arrogance et compassion

Le Français de 32 ans s’est montré ambivalent, oscillant entre arrogance en se proclamant « combattant de l’Etat islamique » au premier jour d’audience et compassion quand il a présenté, avec des larmes coulant sur ses joues, ses « condoléances et (ses) excuses à toutes les victimes ». Il a expliqué avoir renoncé à actionner sa ceinture explosive dans un bar du XVIIIe arrondissement de Paris par « humanité ».

« Quoi qu’on en dise, ce procès n’aurait pas du tout été le même si Salah Abdeslam avait gardé le silence. Il y aurait eu un profond sentiment d’échec si tel avait été le cas », avait fait valoir vendredi son avocat Martin Vettes lors des ultimes plaidoiries. Pas convaincu par le « numéro d’équilibriste » de Salah Abdeslam qui a cherché systématiquement à « minimiser les faits », le Parquet national antiterroriste (Pnat) a requis la réclusion criminelle à perpétuité incompressible à son encontre, la sanction la plus lourde permise par le droit français, qui rend infime la possibilité d’une libération.

Pour son avocate, Abrini « n’a jamais cessé de douter »

Autre accusé contre lequel la perpétuité a été requise, avec une période de sûreté de 22 ans, Mohamed Abrini, ami d’enfance de Salah Abdeslam. Il a lui aussi beaucoup parlé durant l’audience, reconnaissant qu’il était « prévu pour le 13-Novembre », mais il est resté avare d’explications sur son renoncement. L’audience de ce lundi est la dernière occasion de clarifier son rôle. « Il n’a jamais cessé de douter », avait souligné son avocate Marie Violleau la semaine dernière.

Trois autres accusés contre lesquels le Pnat a requis la réclusion criminelle à perpétuité – Osama Krayem, Sofien Ayari et Mohamed Bakkali – ont préféré garder le silence durant les débats. La parole sera également donnée aux neuf autres accusés comparaissant devant la cour depuis le 8 septembre et contre lesquels des peines allant de cinq ans d’emprisonnement à vingt ans de réclusion criminelle ont été requises. Outre ces quatorze hommes, la cour juge six personnes par défaut, donc cinq présumées mortes en zone irako-syrienne.