Rennes : Le matériel saisi après la rave party de Lieuron devra être rendu

TEUF La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a également prononcé la nullité des gardes à vue de plusieurs personnes

C.A.
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A Lieuron, en Ille-et-Vilaine, une rave party organisée le soir du Nouvel an avait fait scandale en 2021, alors que la France se confinait.
A Lieuron, en Ille-et-Vilaine, une rave party organisée le soir du Nouvel an avait fait scandale en 2021, alors que la France se confinait. — J. F. Monier / AFP
  • Une teuf organisée pour la soirée du Nouvel an 2021 avait réuni 2.500 personnes dans un hangar de ce petit village du sud de l’Ille-et-Vilaine.
  • Trois jeunes hommes avaient été appréhendés et du matériel avait été saisi.
  • La chambre de l’instruction vient d’ordonner l’annulation de la perquisition :  le matériel saisi devra être restitué à ses propriétaires.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a infligé un sacré revers aux magistrats et gendarmes chargés d’enquêter sur la rave party de Lieuron. Cette teuf organisée pour la soirée du Nouvel an 2021 avait réuni 2.500 personnes dans un hangar de ce petit village du sud de l’Ille-et-Vilaine. En pleine pandémie de Covid-19, l’affaire avait fait scandale alors que la grande majorité de la France était confinée. Le sujet s’était même invité à la table du réveillon du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Les services de ce dernier avaient mis la pression sur les autorités rennaises afin que des coupables soient rapidement trouvés. Un premier homme avait été interpellé dans son camion avant que trois autres interpellations soient menées dans une coloc de Saint-Luce-sur-Loire, en Loire-Atlantique. C’est là que trois jeunes hommes avaient été appréhendés et du matériel avait été saisi.

Problèmes de procédure

Un an et demi après cette opération, la chambre de l’instruction vient d’ordonner l’annulation de la perquisition, ont appris nos confrères de Ouest-France. Conséquence : les trois gardes à vue sont considérées comme nulles. Le contrôle judiciaire imposé à l’issue de ces entretiens est levé. Et surtout, le matériel saisi et qui avait été confié à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) devra être restitué à ses propriétaires.

D’après le quotidien, des pièces manquaient à la procédure et des procès-verbaux ont été rédigés après les gardes à vue​. Une sacrée revanche pour les organisateurs de cette fête sauvage qui avaient estimé avoir été « humiliés et terrorisés pour une simple opération de communication ».

« Des termes habituellement réservés aux pires criminels »

A plusieurs reprises, le parquet de Rennes s’était justifié expliquant que les organisateurs de cette bringue géante étaient « activement recherchés » et qu’il n’y aurait « aucune impunité » face à ces actes décrits comme graves.

« Nous, organisateurs et organisatrices, sommes dès lors activement recherchés, des termes habituellement réservés aux pires criminels », avaient déploré les personnes à l’origine de la rave. L’instruction est toujours en cours.