Parquet national financier : Anticor veut une nouvelle enquête sur Sylvie Goulard, après un premier classement sans suite

PLAINTE L’association a déposé une plainte le 9 juin visant notamment des délits de corruption passive et de trafic d'influence passif. Le PNF indique par contre n'avoir encore rien reçu

20 Minutes avec AFP
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Sylvie Goulard devant le Parlement européen, le 2 octobre 2019.
Sylvie Goulard devant le Parlement européen, le 2 octobre 2019. — Virginia Mayo/AP

Sylvie Goulard est une nouvelle fois dans le viseur d’Anticor. Confirmant une information de Libération, l’association anticorruption a indiqué mercredi vouloir obtenir qu’un juge d’instruction enquête sur la sous-gouverneure de la Banque de France concernant d’anciennes prestations réalisées pour un groupe de réflexion américain, après le classement sans suite d’une première enquête.

Anticor avait déjà déposé une plainte simple en 2019 visant l’ex-eurodéputée, éphémère ministre des Armées d’Emmanuel Macron en 2017 et actuellement numéro trois de la Banque de France depuis 2018. Le PNF avait ouvert une enquête préliminaire, classée sans suite le 19 novembre 2020 pour « absence d’infraction ».

Des investigations « insuffisantes » selon Anticor

L’association estime « insuffisantes » les investigations menées par le PNF et a donc déposé à Paris, le 9 juin, une plainte avec constitution de partie civile, ce qui permet quasi systématiquement la saisine d’un juge d’instruction. Le PNF a indiqué n’avoir pas reçu cette plainte à ce jour. Celle-ci vise les délits de corruption passive, trafic d’influence passif, prise illégale d’intérêts et abus de confiance.

Anticor s’interroge sur la réalité du travail effectué par l’ancienne députée européenne pour l’Institut Berggruen, centre de réflexion basé en Californie, mais aussi et surtout sur les éventuelles contreparties en échange des rémunérations versées dans le cadre de ce contrat.

« C’est un travail qui est avéré », selon Sylvie Goulard

Sylvie Goulard avait reconnu avoir travaillé comme « conseillère spéciale » pour plus de 10.000 euros mensuels entre octobre 2013 et janvier 2016 auprès du Council for the Future of Europe, un groupe de réflexion fondé par l’Institut Berggruen, alors qu’elle était eurodéputée. Cet organisme a été fondé par un milliardaire germano-américain, Nicolas Berggruen, jadis qualifié de financier « vautour » par le magazine Forbes. L’ancienne ministre avait assuré que cet emploi, autorisé par le règlement, avait été déclaré et qu’elle n’avait « aucune relation d’aucune sorte avec les activités commerciales » de Nicolas Berggruen. « On a fait des activités qui relevaient de la réflexion, de l’animation de groupe, de l’organisation de réunions. C’est un travail qui est avéré », avait-elle insisté lors d’une audition devant le Parlement européen.

Ce n’est pas en outre pas la seule affaire qui concerne l’ancienne eurodéputée. Sylvie Goulard est en effet mise en examen dans l’enquête sur les assistants parlementaires des eurodéputés Modem pour « détournement de fonds publics ».