Landes : La relaxe d’Herta requise après la mort d’un enfant étouffé avec un bout de saucisse

PROCES En 2014, un enfant de trois ans est décédé en mangeant une saucisse Herta. La décision  dans ce procès est attendue pour le 11 juillet

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal de Dax.
Le tribunal de Dax. — Google Maps
  • La relaxe a été requise, comme à la précédente audience, pour le groupe Herta, poursuivi après le décès d’un enfant de presque trois ans qui s’était étouffé en mangeant une saucisse.
  • En l’absence de ticket de caisse, le doute subsiste sur la marque de la saucisse ingérée, même si la famille est certaine qu’il s’agissait d’une knacki de la marque Herta.
  • Depuis le drame survenu en 2014, des messages de prévention ont été apposés sur les paquets de la marque.

Le parquet de Dax, dans les Landes, a requis la relaxe ce lundi dans le procès de la société Herta, poursuivie devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire après la mort en 2014 de Lilian, un garçon de presque trois ans étouffé avec un bout de saucisse.

Les vérifications menées au cours de l’enquête « n’ont pas permis de mettre en exergue des éléments suffisants » pour condamner Herta, a expliqué la vice-procureure Aude Le Hérissier. Le ministère public, qui a réclamé la relaxe comme à la précédente audience en janvier 2021, a estimé qu’un « doute subsistait sur la marque de saucisse ingérée par Lilian », faute de preuve d’achat.

Le groupe Herta, dont le PDG Marc Auclair était absent au tribunal, était poursuivi pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » après la mort par étouffement du jeune Lilian, lors de vacances d’été avec ses parents, Florence et Vincent Lerbey.

L’enfant victime d’une fausse route

Lilian, âgé de 2 ans et 11 mois, est mort le 11 août 2014 dans un camping de Messanges, sur la côte landaise, où cette famille bordelaise séjournait. Ce jour-là, au menu : des haricots verts et des saucisses industrielles que la maman avait découpées en fines rondelles, des Knacki selon elle.

Mais après quelques bouchées, Lilian s’était étouffé, victime d’une « fausse route » et n’avait pas pu être réanimé par les secours malgré l’intervention immédiate d’une amie infirmière anesthésiste et plusieurs manœuvres : méthode de Heimlich, tapes dans le dos, suspension de l’enfant par les pieds… Un morceau de 3 mm de diamètre avait ensuite été retiré de la gorge de l’enfant décédé au moyen d’une pince spéciale apportée par les secours.

Des messages sur les paquets

Les parents de Lilian avaient porté plainte en 2017 contre Herta, demandant l’euro symbolique pour éviter que le drame ne se reproduise. A l’époque, un message apposé au dos des paquets de Knacki par Herta recommandait « de » couper « les saucisses » en tout petits morceaux « pour » les plus jeunes.

Depuis 2015, à la demande de la famille Lerbey, une nouvelle mention est présente sur l’emballage : « pour les enfants de moins de 4 ans, couper la saucisse dans le sens de la longueur puis en tout petits morceaux afin de prévenir les risques d’étouffement ».

« Le message [d’avant 2015] n’était pas suffisamment clair, explicite sur les dangers d’étouffement d’un enfant de moins de 4 ans », a souligné l’avocat de la famille Me Philippe Courtois. Selon lui, « toutes les publicités Herta depuis les années 1980 mettent en scène des enfants » et « aucune » ne montre des saucisses « en petits morceaux ».

A l’audience, la défense de Herta a fait valoir que Lilian aurait très bien pu ingérer une saucisse d’une autre marque. « On parle de Knacki pour tout type de saucisses », a relevé Me Julien Vernet, l’avocat du groupe Herta. Mais pour la famille, « c’était bien une saucisse Herta, il n’y a pas d’ambiguïté ».

« Maintenant pénalement que Herta ne puisse être considéré responsable de la mort de notre fils parce qu’on n’a pas le ticket de caisse, on l’acceptera », a réagi à l’issue de l’audience le père, Vincent Lerbey. Le délibéré sera rendu le 11 juillet.