Tirs mortels de policiers à Paris : Le conducteur du véhicule déféré devant la justice

ENQUETE Il devait être présenté ensuite au juge d’instruction en charge des investigations, qui se prononcera sur sa mise en examen

M.d.F. avec AFP
— 
La soeur (R) de l'homme qui conduisait la voiture dans laquelle un passager a été tué par la police, aux côtés de  Ibrahim Shalabi, l'avocat de son frère lors d'une conférence de presse du collectif Urgence contre les violences policières le 9 juin 2022 à Paris.
La soeur (R) de l'homme qui conduisait la voiture dans laquelle un passager a été tué par la police, aux côtés de Ibrahim Shalabi, l'avocat de son frère lors d'une conférence de presse du collectif Urgence contre les violences policières le 9 juin 2022 à Paris. — Thomas COEX / AFP

Le conducteur du véhicule pris pour cible par des tirs de policiers qui ont tué une de ses passagères, a été présenté jeudi à un magistrat, a indiqué son avocat, Me Ibrahim Shalabi, lors d’une conférence de presse. Soupçonné d’un refus d’obtempérer lors de ce contrôle de police samedi à Paris, l’homme avait été placé mardi en garde à vue pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Lui-même avait été grièvement blessé par les tirs des policiers

Il devait être présenté ensuite au juge d’instruction en charge des investigations, qui se prononcera sur sa mise en examen, puis à un juge des libertés et de la détention qui décidera de son incarcération ou de son placement sous contrôle judiciaire.

De nombreuses autres charges contre le conducteur

L’enquête qui le vise a également été ouverte pour « refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui, conduite malgré annulation du permis de conduire et conduite sous l’empire d’un état alcoolique et après avoir fait usage de substances classées comme stupéfiants ».

Ce conducteur est soupçonné d’avoir refusé d’obtempérer samedi en fin de matinée dans le 18e arrondissement de Paris, alors que des fonctionnaires à VTT ont voulu contrôler deux fois son véhicule. Les fonctionnaires ont fait feu, l’ont atteint au niveau du thorax et touché dans la tête sa passagère assise à l’avant, une jeune femme née en 2001, qui est décédée le lendemain.

La garde à vue des trois policiers ayant fait usage de leur arme – deux hommes de 23 et 32 ans et une femme de 31 ans – a été levée mardi au bout de quarante-huit heures, pour « poursuite des investigations », sans poursuites à ce stade.