Nantes : Un ancien gourou à nouveau condamné à quinze ans de prison pour viols

SECTE L'ancien gourou Gabriel Loison a été condamné jeudi à 15 ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique pour viols et abus de faiblesse

20 Minutes avec AFP
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Gabriel Loison, le 19 septembre 2017  arrive à son procès devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine.
Gabriel Loison, le 19 septembre 2017 arrive à son procès devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine. — AFP
  • Quatre anciens adeptes de l' « Université de la nature et de l’écologie de la relation », trois femmes et un homme, accusaient son fondateur d’agressions sexuelles.
  • L’ancien gourou de 82 ans, déjà condamné en 2017, a dénoncé lors du procès une « culture du mensonge »

Sa peine est identique que sa précédente condamnation pour des faits similaires prononcée en 2017. L’ancien gourou Gabriel Loison a été condamné jeudi soir à 15 ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique pour viols et abus de faiblesse. La peine du fondateur de l' « Université de la nature et de l’écologie de la relation » « se confondra totalement » avec une précédente condamnation pour les mêmes faits prononcée en 2017 par la cour d’assises d’appel d’Ille-et-Vilaine, a décidé la cour. Les avocats de la défense ont salué une « bonne décision ». « C’est comme un acquittement sur le plan de la peine », a estimé Me Sven Rauline. Placé en détention en 2011, l’homme devrait sortir de prison « au plus tard fin 2023 », selon son conseil.

Quatre anciens adeptes de l'« Université de la nature et de l’écologie de la relation », trois femmes et un homme, accusaient son fondateur d'agressions sexuelles et de viols, évoquant par ailleurs coups et humiliations. L’ancien gourou de 82 ans, cheveux blancs coiffés en arrière et barbiche, a dénoncé lors du procès une « culture du mensonge », expliquant d’une voix éraillée n’avoir jamais eu que des relations sexuelles consenties. Interrogé lors de l’audience sur des fellations qu’il aurait imposées à l’une des victimes, Gabriel Loison avait haussé les épaules. « Je n’ai pas éjaculé, c’était pour lui apprendre à le faire. Je n’y ai pris aucun plaisir », a-t-il déclaré.

« Esclave sexuelle »

L’ex-compagne de Gabriel Loison, jugée pour complicité et acquittée lors du premier procès, était cette fois sur le banc des parties civiles. Elle a expliqué avoir subi un « lavage de cerveau » et été pendant cinq ans l'« esclave sexuelle » de Gabriel Loison. « La condamnation de Gabriel Loison est la fin d’un calvaire, a expliqué son avocate, Me Célia Chauffray. C’est la reconnaissance de son statut de victime. »

A la barre, bras croisés dans le dos, elle avait raconté les mains de Gabriel Loison passées sous sa robe et sur sa poitrine dès son « initiation », puis l'« emprise » d’un homme qui lui fait « couper le dialogue avec la société ». D’une voix tremblante, elle décrivait une sodomie d’une extrême violence qui l’aurait « déchirée ». Des déclarations « signées Judas », avait balayé l’accusé lors de son interrogatoire.

« Loison a plumé des gens »

Ancien gourou des « Jardins de la vie », répertoriés comme secte par la commission parlementaire sur les sectes en 1995, Gabriel Loison avait ensuite fondé l' « Université de la nature et de l’écologie de la relation », présentée comme un collectif de recherche qui formait des « maîtres de santé » via différents stages. A ses futurs adeptes, Gabriel Loison proposait une première session-test au Maroc. « L’initiation » se poursuivait avec un séjour de trois semaines au Costa Rica ou en Espagne facturé 10.000 euros. Puis venait un stage de 72 jours avec tantrisme et relations sexuelles de groupe.

Gabriel Loison a également été condamné pour complicité de viol en réunion sur l’un des plaignants, qui disait avoir subi au cours d’un séjour une « sodomie punitive » commise par des adeptes avec des jouets sexuels mais orchestrée par Gabriel Loison. Le jeune homme a contracté « cinq ou six emprunts » en cinq ans pour financer enseignements et séjours. « Loison a plumé des gens, c’était un gouffre », a-t-il accusé à la barre du tribunal.