Enquête pour « viol en réunion » : Non-lieu pour les six pompiers de Paris accusés par une étudiante norvégienne

VIOLENCES SEXUELLES La juge d’instruction a notamment estimé que la plaignante n’avait pas manifesté « une opposition quelconque lors de l’arrivée de nouveaux partenaires »

X.R. avec AFP
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La brigade des sapeurs-pompiers de Paris va pouvoir éteindre le feu allumé par cette affaire. (illustration)
La brigade des sapeurs-pompiers de Paris va pouvoir éteindre le feu allumé par cette affaire. (illustration) — CHANG MARTIN/SIPA

Si la prestigieuse brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) a plusieurs fois été éclaboussée par des accusations de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel ces dernières années, six de ses hommes ont été blanchis pour le viol d’une étudiante norvégienne en 2019, selon une source judiciaire confirmant une information du Parisien.

L’étudiante alors âgée de 20 ans avait porté plainte, en affirmant avoir été violée par plusieurs pompiers à la caserne Plaisance, dans le 14e arrondissement de la capitale, dans la nuit du 3 au 4 mai 2019. La jeune Norvégienne avait raconté aux enquêteurs avoir eu une relation consentie dans la caserne avec un pompier rencontré dans un bar, puis que d’autres pompiers lui avaient imposé des relations sexuelles. Elle avait été recueillie au petit matin en état de choc par une amie.

Les pompiers n’avaient pas été mis en examen

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour « viols en réunion ». Mais lors de leur garde à vue, les six pompiers mis en cause par la jeune femme avaient réfuté les faits, décrivant des actes sexuels consentis. Un magistrat de la section des affaires militaires du parquet de Paris avait requis la mise en examen de quatre d’entre eux pour « viols en réunion » et pour « non-empêchement de crime » pour les deux autres.

La juge d’instruction chargée de l’information judiciaire avait néanmoins considéré qu’il n’existait « pas d’éléments suffisants » justifiant à ce stade des poursuites à l’encontre des six pompiers, alors âgés de 23 à 35 ans. Placés sous le statut plus favorable de témoin assisté, ils n’ont pas été mis en examen au cours de la procédure, selon la source judiciaire.

La juge d’instruction a donc rendu une ordonnance de non-lieu le 28 avril. Selon la magistrate citée par le Parisien, « il n’apparaît pas que la partie civile ait été soumise à de réelles violences, à une contrainte physique ou des menaces » et ait manifesté « un refus, une opposition quelconque lors de l’arrivée de nouveaux partenaires ». « La justice a rendu une décision cohérente, c’est un vrai soulagement », a réagi Me Géraldine Vallat, avocate d’un pompier. Mais ces accusations ont « brisé des rêves de carrière professionnelle », a-t-elle ajouté, rappelant que les six pompiers avaient été suspendus dès la révélation des accusations de viol.