Nice : Poursuivie pour diffamation, l’ex-épouse de l’oligarque russe Arkadi Rotenberg relaxée

PROCES Elle était poursuivie pour avoir dénoncé sur les réseaux sociaux sa prétendue expulsion de la villa du couple à Saint-Jean-Cap-Ferrat par de supposés « terroristes tchétchènes » à la solde de son ex-époux

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal correctionnel de Nice (Illustration)
Le tribunal correctionnel de Nice (Illustration) — E. Martin / ANP / 20 Minutes

Natalia Rotenberg, l’ex-épouse de l’oligarque russe Arkadi Rotenberg, poursuivie à Nice pour diffamation pour avoir dénoncé sa prétendue expulsion de la villa du couple sur la Côte d’Azur par de supposés « terroristes tchétchènes », a été relaxée vendredi.

« Ma villa a été saisie par des terroristes radicaux de Tchétchénie. Ils ont chassé mes employés […], battu les gardes et le directeur […], changé les serrures », a écrit la femme de 41 ans, mariée à Arkadi Rotenberg jusqu’en avril 2013, dans un message publié en juillet 2021 et toujours en ligne. « Les commanditaires sont de grands oligarques russes », a-t-elle ajouté, assurant « que la police [française] coopérait ».

Début mai, à l’audience devant le tribunal correctionnel de Nice, Natalia Rotenberg était absente tout comme ses avocats. Le procureur avait réclamé qu’elle soit condamnée pour diffamation à verser « plusieurs milliers d’euros ». Mais vendredi, le tribunal correctionnel a relaxé l’ex-épouse de l’oligarque au motif que « la publication litigieuse ne permet pas d’identifier la SCI (société civile immobilière) » qui gère la villa. La personne visée, à savoir Arkadi Rotenberg, « n’est pas expressément nommée », a ajouté le tribunal. « Je pense que nous allons faire appel de cette décision », a réagi Me Sophie Jonquet, avocate de la SCI Shoshana.

« Nous allons faire appel de cette décision »

« Tout le monde sait que cette villa appartient à la SCI Shoshana et à Arkadi Rotenberg. Pour le grand public, il est évident que c’est lui qui est visé », a ajouté l’avocate au barreau de Nice. Estimant « dommage que les réquisitions du parquet n’aient pas été suivies », elle a rappelé qu’il fallait une décision de justice pour contraindre les réseaux sociaux à supprimer une vidéo en ligne.

« Mme Rotenberg ne vit pas dans ladite villa et y a envoyé des personnes n’ayant aucun droit ni titre pour y séjourner », avait plaidé Me Jonquet. Le gestionnaire de la SCI avait en fait mandaté une société de sécurité qui avait contraint des agents de sécurité mandatés eux par Mme Rotenberg à quitter les lieux.

La luxueuse villa située sur la presqu’île paradisiaque de Saint-Jean-Cap-Ferrat, très prisée des milliardaires russes, est inoccupée depuis 2014. Elle fait l’objet des sanctions internationales prises contre les oligarques proches du président russe Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.