Toulouse : Il s’introduit en pleine nuit dans le lit d’une mère de famille avec un sac en plastique sur la tête

AGRESSiON L’agression sexuelle a eu lieu ce week-end dans une habitation de Revel, près de Toulouse. Son auteur a été condamné à un an de prison ferme

Marie-Dominique Lacour
— 
Le palais de justice de Toulouse. Illustration
Le palais de justice de Toulouse. Illustration — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, à Revel (Haute-Garonne), un homme s’est introduit dans la chambre d’une jeune mère de famille, le visage masqué par un sac-poubelle avant de mimer l’acte sexuel.
  • L’auteur des faits a été arrêté par les gendarmes dans la foulée et jugé comparution immédiate au tribunal de Toulouse
  • « Alcoolique, immature », l’homme, jugé dangereux, a été condamné à une peine de trente mois d’emprisonnement dont douze ferme. Son nom sera inscrit au fichier des délinquants sexuels.

« Il est 5 heures du matin, vous dormez paisiblement. Votre bébé se met à pleurer, vous vous réveillez. Au-dessus de vous, deux yeux sortent d’un sac-poubelle. » C’est par ces mots que Brice Zanin, avocat de la partie civile, décrit le cauchemar de sa cliente. L'agression s’est produite dans la nuit du samedi 21 mai à dimanche 22, à Revel, en Haute-Garonne.

La victime, une mère de famille de 23 ans, a eu la peur de sa vie quand elle a découvert dans son lit un homme, à califourchon sur elle. Le visage masqué par un sac en plastique, il lui a maintenu les bras, a mimé l’acte sexuel et lui a glissé : « Ne crie pas, je ne te veux pas de mal, on se connaît… » Paniquée, et alors que son bébé hurlait juste à côté, elle a réussi à garder son calme et trouvé le courage de discuter avec lui.

La scène a duré de longues minutes. L’homme, très alcoolisé, est parti puis revenu. Lorsqu’il s’est éloigné enfin après une demi-heure, la jeune femme a appelé la gendarmerie. Le suspect a été rattrapé non loin de là.

« Je voudrais qu’il ne sorte jamais »

A l’audience ce mardi, au tribunal correctionnel de Toulouse​, les débats ont été houleux. Face à la présidente Myriam Viargues, l’homme de 36 ans, en larmes, n’est pas parvenu à expliquer son geste. Décrit comme « immature, alcoolique, et d’intelligence un peu courte » par l’expert-psychiatre, il a expliqué qu’il « voulait lui parler ». Car les deux se connaissent – de loin, via des relations en commun –, même si la jeune femme dit ne pas l’avoir croisé depuis au moins deux ans et n’avoir jamais accepté ses demandes d’ami répétées sur les réseaux sociaux.

La jeune mère, bouleversée, a confié que sa petite fille est très agitée depuis l’épisode et qu’elle-même reste sous le coup de la frayeur. « Je voudrais qu’il ne sorte jamais », a-t-elle confié. Son avocat a décrit l’homme comme un prédateur : « Il l’a pistée ! […] Il boit de l’alcool pour se donner des ailes ! Il n’a pas consommé plus que de raison, il a bu juste ce qu’il fallait pour oser. » Le procureur Tristan Lamouille a qualifié les faits de « clairement prémédités » commis par un personnage « extrêmement inquiétant ».

Obligation de soins

La défense a tenté de démonter la préméditation. « C’est juste un pauvre type ! s’est insurgée son avocate Cécile Bordes-Escaich. S’il a mis un sac sur sa tête, c’est parce qu’il se trouve trop moche ! » Elle a dénoncé des « réquisitions qui n’ont pas de sens » pour une situation « pathétique au possible ».

Mais les juges ont suivi les réquisitions du parquet et condamné l’homme à 30 mois de prison dont un an ferme, avec maintien en détention. La décision est assortie d’une obligation de soins et d’une interdiction de se trouver dans un large périmètre autour du domicile de la victime. Son nom sera également inscrit aux fichiers des délinquants sexuels.