Port du burkini dans les piscines municipales : La justice examine ce mercredi le recours du préfet

AUDIENCE Lundi, le préfet de l'Isère a saisi le tribunal administratif de Grenoble pour suspendre la nouvelle réglementation des piscines qui ouvre la porte au port du burkini

C.G. avec AFP
— 
L'entrée du tribunal de Grenoble le 15 octobre 2012
L'entrée du tribunal de Grenoble le 15 octobre 2012 — Jean-Pierre Clatot AFP

Le préfet de l’Isère, qui s’était dit prêt à saisir la justice si le conseil municipal de Grenoble adoptait la nouvelle réglementation des piscines autorisant notamment le port du burkini, a tenu parole. Il a saisi le tribunal administratif d’un référé laïcité ; référé qui sera examiné ce mercredi après-midi.

Le nouveau règlement des piscines, qui a suscité de vifs échanges entre élus, y compris au sein de la majorité, a été adopté d’une courte tête dans la soirée du 16 mai. Ce texte lève tous les interdits en vigueur depuis dix ans et ouvre désormais la porte au monokini, au burkini mais aussi aux baignades en tee-shirt. Il doit entrer en vigueur le 1er juin.

Des instructions de Gérald Darmanin

Le préfet de l’Isère avait expliqué avoir reçu des instructions du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin relatives à la saisie le tribunal en cas d’adoption du nouveau règlement. Il estimait que son « objectif manifeste est de céder à des revendications communautaristes à visées religieuses [et qu’il] paraît contrevenir au principe de laïcité posé par la loi de 1905 ainsi qu’aux dispositions de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République ».

L’opposition municipale, qui a aussi déposé un recours devant le même tribunal, a indiqué mardi de son côté qu’elle entendait « en cas de rejet de la requête (…) développer tous les autres moyens de droit qui justifient la suspension et l’annulation de cette décision » lors d’une audience prévue le 31 mai prochain.