Valérie Trierweiler licenciée de « Paris Match » : le groupe Lagardère condamné

CONDAMNATION La journaliste avait été licenciée en juillet 2020 d e Paris Match, où elle a travaillé quasiment toute sa carrière

20 Minutes avec AFP
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ValérieTrierweiler avait été licenciée en juillet 2020 de Paris Match.
ValérieTrierweiler avait été licenciée en juillet 2020 de Paris Match. — Jacques BENAROCH/SIPA

Le groupe Lagardère a été condamné pour avoir licencié la journaliste Valérie Trierweiler du magazine Paris Match « sans cause réelle et sérieuse » en 2020, selon un jugement du conseil de prud’hommes de Paris consulté mardi par l’AFP.

La société Lagardère Media News doit verser à l’ex-compagne de l’ancien président de la République François Hollande, un total de 141.000 euros, selon ce jugement daté du 24 avril et d’abord révélé par le site d’information Mediapart. Cela sanctionne à la fois un licenciement « sans cause réelle et sérieuse » et les « conditions vexatoires de la rupture ».

Motif : Hollande détesté par Sarkozy ?

En revanche, le conseil de prud’hommes n’a pas retenu l’un des arguments de Valérie Trierweiler, qui estimait avoir été licenciée en raison d’une « détestation » de François Hollande par son prédécesseur à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, membre du conseil de surveillance de Lagardère.

« Si la mésentente entre les deux anciens présidents de la République est de notoriété publique, (…) aucune preuve concrète n’est fournie par (la journaliste) sur l’existence de telles manœuvres », conclut le jugement.

« Insuffisance qualitative des propositions d’articles »

Valérie Trierweiler, 57 ans, avait été licenciée en juillet 2020 de Paris Match, où elle a travaillé quasiment toute sa carrière. Le motif invoqué était « l’inadaptation et l’insuffisance qualitative des propositions d’articles présentées à la direction de la rédaction de Paris Match », est-il rappelé dans le jugement.

Mais « l’employeur, qui considère désormais ces articles insuffisants, les a cependant publiés sans effectuer la moindre remarque », souligne le conseil de prud’hommes. De plus, ce dernier rappelle que Paris Match a « ouvert ses archives » en 2019 à la journaliste pour son livre On se donne des nouvelles, dans lequel elle compilait certains de ses articles. « A quelques mois d’invoquer une prétendue insuffisance professionnelle, l’employeur était ainsi pleinement satisfait du travail fourni par la salariée », a jugé le conseil de prud’hommes.

« Ecroulement de sa carrière »

Toutefois, il n’a pas retenu le fait que Valérie Trierweiler ait été licenciée à cause de son âge, faute de preuve d’une volonté de « rajeunir » la rédaction de Paris Match.

En lui accordant le plafond maximal de dommages et intérêts, le conseil de prud’hommes a reconnu que ce licenciement constituait un « écroulement de sa carrière », a déclaré à l’AFP son avocate, Me Rachel Spire. Pour autant, il n’est « pas allé au bout du raisonnement », a-t-elle estimé : « A partir du moment où on dit qu’il n’y a aucun motif valable pour la licencier, pourquoi on la licencie ? »