Affaire Mila : Six personnes condamnées jusqu’à 4 mois de prison ferme pour harcèlement et menace de mort

PROCES Ces condamnations concernent des personnes ayant réagi à une seconde vidéo tournée par l’adolescente en novembre 2020, 11 mois après la première

M.F avec AFP
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Mila, le 11 avril 2022 à Paris, lors du procès de six nouveaux accusés pour harcèlement en ligne et menaces de mort à son encontre.
Mila, le 11 avril 2022 à Paris, lors du procès de six nouveaux accusés pour harcèlement en ligne et menaces de mort à son encontre. — Thomas COEX / AFP

Deuxième vague de condamnation dans le cadre de l’affaire Mila. Six personnes, dont quatre femmes, ont été condamnées ce mardi par le tribunal judiciaire de Paris à des peines de prison allant de trois mois avec sursis à quatre mois ferme, sous bracelet électronique, pour harcèlement et menace de mort à l’encontre de Mila.

Dans son délibéré, le tribunal n’a retenu le chef de menace de mort qu’à l’encontre d’une seule prévenue, Melinda D., mère de deux enfants, déjà condamnée à plusieurs reprises pour vol, escroquerie ou conduite sans permis. Les cinq autres prévenus ont été condamnés sur le seul chef de harcèlement aggravé.

Victime d’un « raz-de-marée de haine »

Mila, qui vit sous protection policière, a été la cible d’un « raz-de-marée de haine » après avoir répondu en janvier 2020, alors qu’elle était âgée de 16 ans et demi, à des injures sur les réseaux sociaux sur son orientation sexuelle par le biais d’une vidéo véhémente sur l’islam.

La jeune femme, qui revendique son droit au blasphème, s’était attiré une nouvelle salve de menaces après la publication d’une seconde vidéo polémique, le 14 novembre 2020, dans laquelle elle lançait vertement à ses détracteurs : « et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j’les ai toujours pas sortis ». Selon son avocat, Mila a reçu plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort depuis sa vidéo de janvier 2020. Mila n’était pas présente à l’audience mardi ni aucun des prévenus, âgés de 19 à 39 ans.

« Quelques mots sur un réseau social peuvent avoir de graves conséquences »

Outre les peines de trois mois avec sursis pour une prévenue et de quatre mois ferme pour une autre, deux prévenus ont écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis et deux autres de six mois avec sursis. Tous les prévenus devront en outre verser une somme de 3.000 euros à Mila en réparation du préjudice moral. Ils sont également tous privés du droit d’éligibilité pour un an.

« Seulement quelques mots sur un réseau social peuvent avoir de graves conséquences pour les auteurs de ces mots de haine et de violence », a rappelé l’avocat de Mila, Me Richard Malka. « Je n’ai aucune satisfaction à voir condamner ces jeunes gens. Ma seule satisfaction dans ce dossier ce serait que Mila puisse retrouver une vie normale… et c’est pas le cas », a-t-il ajouté.