Nice : « L’empoisonneur au viager » de retour aux assises pour la mort suspecte d'une nonagénaire

PROCES Olivier Cappelaere, déjà condamné, est jugé pour l’empoisonnement avec préméditation d’une vieille dame qui avait fait de lui son légataire universel

Fabien Binacchi
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Suzanne Bailly (ici, en 2019, avec son avocat devant le palais de justice Nice) avait déjà été victime d'Olivier Cappelaere
Suzanne Bailly (ici, en 2019, avec son avocat devant le palais de justice Nice) avait déjà été victime d'Olivier Cappelaere — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Olivier Cappelaere a été condamné en 2020 à 25 ans de prison pour avoir tenté d’empoisonner la propriétaire d’un de ses appartements achetés en viager.
  • L’ancien chef d’entreprise de 52 ans sera jugé toute la semaine pour l'« empoisonnement avec préméditation » d’une nonagénaire qui avait fait de lui son légataire universel.

Il est de retour aux assises. Déjà condamné en 2020 à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir tenté d’empoisonner la propriétaire d’un de ses appartements achetés en viager, Olivier Cappelaere se retrouve de nouveau accusé à Nice. Avec une différence de taille. Lors de son premier procès, Suzanne Bailly, la victime, survivante, avait pu assister à l’audience. Cette semaine, seuls des membres de la famille de Jacqueline Humbert se retrouveront face à lui, installés sur le banc des parties civiles.

Cette nonagénaire installée au Cannet, tout près de Cannes, était décédée dans des circonstances troubles après avoir été hospitalisée le 2 novembre 2014. Olivier Cappelaere, un voisin avec qui elle s’était liée d’amitié, était devenu son « filleul » autoproclamé. Elle en avait fait son légataire universel.

De l’atropine retrouvée dans le corps

Et c’est en découvrant des articles de presse, évoquant dès le mois d’avril 2017 la mésaventure de Suzanne Bailly, que les proches de Jacqueline Humbert avaient fait le possible rapprochement. Et si cet « empoisonneur au viager », comme la presse l’a surnommé, très proche de la vieille dame dans les dernières années de sa vie, n’était pas étranger à son décès ?

Sonnées, une sœur et une cousine de la victime étaient allées trouver la police dans la foulée de la révélation de cette première affaire. Et le corps de la femme morte à l’âge de 92 ans était exhumé. Malgré l’état de décomposition du cadavre, des concentrations importantes d’atropine étaient alors relevées, notamment « dans le cœur et dans le foie », selon Me Ariane Kabsch, l’avocate de la famille de Jacqueline Humbert. Soit exactement la même substance, contenu dans un collyre vétérinaire, qu’Olivier Cappelaere avait reconnu avoir versé dans l’eau de sa crédirentière Suzanne Bailly. Lui provoquant plusieurs malaises et des hospitalisations sans toutefois la tuer.

« Empoisonnement avec préméditation »

Aurait-il procédé de la même manière pour espérer toucher l’héritage de la nonagénaire plus rapidement ? L’accusation le pense. Jusqu’à la fin de la semaine, l’ancien chef d’entreprise de 52 ans sera jugé pour « empoisonnement avec préméditation ». Avec comme même mobile, l’appât du gain. « Passionné par l’immobilier » selon sa femme, avec qui il avait acheté pas moins de cinq biens immobiliers en viager, Olivier Cappelaere « ne supporte pas l’idée de manquer d’argent », avait expliqué un psychologue chargé de dresser son portrait lors de son premier procès.

Dès ce lundi, sa défense ne remettra pas en cause les liens qui l’unissaient à Jacqueline Humbert, mais elle rejettera toutes les accusations. Le verdit est attendu vendredi. Le quinquagénaire encourt la perpétuité.