Affaire Omar Raddad : Nouvelle audience le 15 septembre pour sa requête en révision

ENQUETE La défense de l’ancien jardinier condamné il y a 25 ans pour le meurtre de Ghislaine Marchal a présenté ce jeudi de nouveaux éléments en faveur de sa demande de révision

20 Minutes avec AFP
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Omar Raddad, le 25 novembre 2021 à Paris.
Omar Raddad, le 25 novembre 2021 à Paris. — ALAIN JOCARD / AFP

« C’est vraiment la dernière chance pour Omar Raddad », a déclaré son avocate, Me Sylvie Noachovitch. La défense de l’ancien jardinier condamné il y a 25 ans pour le meurtre de Ghislaine Marchal a présenté ce jeudi, lors d’une audience à huis clos, de nouveaux éléments en faveur de sa demande de révision.

Une nouvelle étape est prévue le 15 septembre. La commission d’instruction de la Cour de révision devra ensuite décider si elle juge la requête irrecevable ou si elle saisit la Cour, laquelle aura le dernier mot sur l’organisation d’un nouveau procès, un événement rarissime en France. Une première requête en révision déposée par Omar Raddad avait été rejetée en 2002.

Omar Raddad avait été condamné en 1994 pour le meurtre de la riche veuve d’un équipementier automobile. Cette dernière avait été retrouvée le 23 juin 1991 baignant dans son sang, dans la cave de sa propriété de Mougins (Alpes-Maritimes). Incriminé par l’inscription « Omar m’a tuer », l’ex-jardinier a toujours clamé son innocence. Il avait bénéficié d’une grâce partielle en 1996, qui n’annule pas sa condamnation.

Des traces ADN en question

Dans l’une des plus célèbres affaires criminelles françaises, la commission d’instruction de la Cour de révision avait ordonné le 16 décembre un complément d’information. Elle souhaitait notamment analyser les conclusions d’un expert en génétique qui a étudié quatre empreintes ADN trouvées sur deux portes et un chevron de la scène de crime, et qui ne correspondent pas au profil génétique de l’ex-jardinier.

C’est sur ces deux portes qu’avaient été écrites les inscriptions « Omar m’a tuer », emblématique de cette affaire, et « Omar m’a t », avec le sang de la victime. Dans des notes de 2019 et 2020, l’expert en génétique avait relevé la présence de 35 traces d’un ADN masculin inconnu sur l’inscription « Omar m’a t » et a conclu en faveur de l’hypothèse d’un dépôt de ces empreintes au moment des faits et non d’une « pollution » ultérieure.

Jeudi, la défense d’Omar Raddad a présenté de nouveaux arguments justifiant selon elle une saisine de la Cour de révision. Son avocate a indiqué avoir notamment présenté des éléments issus d’une « enquête secrète » de la gendarmerie entre 2002 et 2004, révélée dans un livre paru en mars, « Ministère de l’injustice » de Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon. « Les enquêteurs qui ont fait ce dossier vont être entendus » avant le 15 septembre, a assuré Me Noachovitch à la presse.