Nicolas Bay, le vice-président de Reconquête !, mis en examen après une plainte pour « diffamation » du rappeur Médine

ENQUETE Le rappeur reproche à l’homme politique d’avoir affirmé qu’il avait des liens avec la « mouvance islamiste »

M.F
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Nicolas Bay et le rappeur Médine
Nicolas Bay et le rappeur Médine — JP PARIENTE/SIPA / SADAKA EDMOND/SIPA

« Bonjour Médine, mise en examen de Nicolas Bay confirmée. » Ce message, c’est celui que l’avocat du rappeur Médine a envoyé mardi à son client. L’artiste a ensuite partagé la capture d’écran sur son Instagram, confirmant ainsi la mise en examen du vice-président de Reconquête !. Le rappeur avait porté plainte pour « diffamation » contre le membre du parti politique d’Eric Zemmour après que ce dernier l’avait accusé d’avoir des liens avec la « mouvance islamiste ».

Capture d'écran de la story instagram du rappeur Médine
Capture d'écran de la story instagram du rappeur Médine - capture écran / Instagram Médine

Les faits remontent au 22 juin 2021. Ce jour-là, Nicolas Bay poste une vidéo sur Twitter dans laquelle il reproche à Hervé Morin, candidat aux élections régionales, d’avoir « versé une subvention de 18.000 euros pour la réalisation d’un documentaire à la gloire du : rappeur Médine ». Le document vidéo décrit ensuite le rappeur comme un « proche de la mouvance islamiste des Frères musulmans [qui] n’avait pas hésité à nommer un de ses albums "Jihad" ». Nicolas Bay, insiste et poste en commentaire : « Un documentaire à la gloire du rappeur islamiste Médine ? Voilà les choix culturels d’Hervé Morin pour la Normandie ! »

Une plainte contre Aurore Bergé

Interrogé par Libération, Médine s’est dit « content que [sa] plainte aboutisse » : « Je souhaite surtout faire jurisprudence avec ces affaires afin que les artistes, les chercheurs, les associatifs, les sportifs, les journalistes qui sont insultés d’islamistes ou d’islamo-gauchistes puissent, à travers mon cas, poursuivre en justice tous ceux qui tentent de discréditer et de salir leur travail. »

A noter que Médine a également déposé plainte au tribunal judiciaire de Paris contre Aurore Bergé, en février 2021. Interrogée sur LCI au sujet de la polémique sur islamo-gauchisme à l’université le 18 février dernier, celle qui était alors présidente déléguée du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale et députée des Yvelines avait notamment qualifié l’artiste de « rappeur islamiste », citant la chanson Don’t Laïk. Elle poursuit en l’accusant d’avoir lancé un « appel au meurtre ». Dans cette chanson, on pouvait entendre le rappeur dire : « Crucifions les laïcards comme à Golgotha. Le polygame vaut bien mieux que l’ami Strauss-Kahn ». 

« Elle me colle une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la mienne (…). J’attends une condamnation et des excuses publiques », avait réagi Médine auprès de Mediapart.