Lafarge en Syrie : La mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité confirmée

ENQUETE Selon des sources proches du dossier, la mise en examen de l’entreprise pour complicité de crimes contre l’humanité en Syrie est confirmée

X.R. avec AFP
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Lafarge mis en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité» — 20 Minutes

La cour d’appel de Paris a confirmé mercredi la mise en examen du groupe cimentier Lafarge pour complicité de crimes contre l’humanité concernant ses activités jusqu’en 2014 en Syrie, indiquent des sources proches du dossier.

Dans le cadre de cette information judiciaire ouverte en juin 2017 et objet de nombreux rebondissements procéduraux, le groupe désormais filiale d’Holcim est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via une filiale, plusieurs millions d’euros à des groupes terroristes, dont l’organisation Etat islamique (EI), ainsi qu’à des intermédiaires, afin de maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie alors que le pays s’enfonçait dans la guerre.

Deux mises en examen

Dans un communiqué de presse, le procureur général Rémy Heitz précise s’être basé sur les décisions de la chambre criminelle de la Cour de cassation. Suivant les réquisitions du parquet général, qui estimait que l’entreprise avait « financé, via des filiales, les activités de l’EI à hauteur de plusieurs millions de dollars, en connaissance précise des agissements », il a donc maintenu la mise en examen pour « complicité de crimes contre l’humanité », annulée par la cour d’appel de Paris en novembre 2019.

Contre l’avis du parquet général, la cour d’appel a prononcé le maintien de la mise en examen de Lafarge pour « mise en danger de la vie d’autrui », c’est-à-dire des ex-salariés syriens qui ont été amenés à continuer leur activité dans la cimenterie de Jalabiya alors que la région était en proie à la guerre civile.

Les avocats de Lafarge, Me Christophe Ingrain, Rémi Lorrain et Paul Mallet, n’ont pas souhaité commenter. Les parties civiles ont salué une décision « emblématique » ainsi qu’une « étape importante » dans cette information judiciaire ouverte en juin 2017.