Nice : Nouvelle expulsion d'une HLM après une condamnation pour trafic de stupéfiants

LOGEMENT En mai 2020, un jeune homme était condamné à 20 mois de prison pour trafic de stupéfiants à Nice, le bailleur Côte d’Azur Habitat a saisi la justice pour résilier le bail qui lui a donné raison

E.M.
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A Nice Saint-Augustin, 69,5 % des ménages vivent en HLM (photo d'illustr.).
A Nice Saint-Augustin, 69,5 % des ménages vivent en HLM (photo d'illustr.). — F. BINACCHI / ANP / 20 MINUTES
  • Un jeune homme a été condamné il y a deux ans pour trafic de stupéfiants à 20 mois de prison.
  • Le bailleur social Côte d’Azur Habitat avait alors demandé son expulsion de son logement.
  • La justice a donné raison au bailleur social.

Une nouvelle résiliation de bail d'un logement en HLM a été confirmée par la justice le 8 avril dernier à Nice. Côte d’Azur Habitat, le plus important bailleur social des Alpes-Maritimes, avait saisi le tribunal judiciaire après la condamnation du locataire à vingt mois de prison pour trafic de stupéfiants en mai 2020. Le trafic se faisant au sein même de sa résidence, dans le quartier Louis Braille, à l’est de Nice, entraînait « des répercussions sur la vie des autres résidents », explique un communiqué relayé par Côte d’Azur Habitat.

Pour justifier cette décision, la justice indique que « le jugement correctionnel portant condamnation pénale du locataire permet de démontrer la réalité et la gravité des nuisances invoquées par Côte d’Azur Habitat qui sont à l’origine de troubles importants pour la tranquillité des autres locataires ».

132 autres demandes d’expulsion en cours

Depuis octobre 2020, une réforme du règlement intérieur des contrats de locations des HLM a permis de faciliter les expulsions en cas de condamnations pénales d’un locataire ou d’une personne vivant sous son toit.

Six mois plus tard, une convention entre le parquet et la préfecture des Alpes-Maritimes a également été signée pour informer le bailleur social sur les affaires judiciaires du locataire afin d’enclencher une procédure. Ainsi, le bailleur social rappelle que ce dispositif lui permet de « lutter efficacement contre toutes formes de nuisances » se vantant que « la justice la soutient » et indique que « 132 autres demandes d’expulsion sont en cours ».

« Une double peine »

Interrogé par 20 Minutes, David Nakache, président de l’association Tous citoyens, estime que cette mesure instaure « une double peine » pour la personne en question. « Ça voudrait dire que pour bénéficier d’un logement social, il faudrait avoir un casier vierge ? C’est interdit de demander ce genre de pièces justificatives. D’autant plus qu’avec cette démarche, Côte d’Azur Habitat décide, en fonction du mérite, qui peut avoir un logement. Un bailleur social est un outil social, pas un mini-tribunal qui sert d’outil de répression. Et je le rappelle, le bénéfice d’un logement social est un droit. »

En septembre 2021, une première affaire d’expulsion de HLM avait été médiatisée. La mère d’un jeune, également condamné pour trafic de stupéfiant, avait dû quitter son logement à cause des activités de son fils et du jugement. Il s’était alors exprimé sur le plateau de Touche pas à mon poste sur C8 en affirmant ne pas comprendre pourquoi sa mère « payait pour lui ».