Le procès de quatre hommes accusés d’avoir fait disparaître le corps d’une prostituée reporté

PROCEDURE L’un des principaux accusés ne s’est pas présenté, et ce, « sans excuse valable »

G. N. avec AFP
— 
L'audience reprendra mardi matin (illustration).
L'audience reprendra mardi matin (illustration). — SICCOLI PATRICK/SIPA

Le procès de quatre hommes accusés d’avoir fait disparaître le corps d’une prostituée sur ordre de sa « patronne », elle-même tuée lors de l’incendie allumé pour couvrir la scène de crime, a été reporté lundi en raison de l’absence de l’un des principaux accusés.

La cour d’assises de Paris a ordonné un mandat d’amener à l’encontre de Mourad B., qui ne s’est pas présenté, « sans excuse valable », a indiqué la présidente. L’audience reprendra mardi matin. Et, si cet accusé ne se présente pas, il sera jugé par défaut. Au total huit personnes, toutes actuellement libres, doivent comparaître dans le cadre de ce dossier prévu sur trois semaines et qui avait déjà été renvoyé en mai 2021. Ce même Mourad B. avait alors fait parvenir un test positif au Covid-19.

Le 3 août 2016, une énorme explosion avait retenti dans le 15e arrondissement de Paris. Les voisins avaient vu sortir de l’immeuble un jeune homme gravement blessé, jambes et avant-bras brûlés, qui prenait la fuite. Mourad B. avait par la suite été identifié. Lors de leur intervention, les pompiers avaient découvert un corps calciné, celui de Maria-Paz G., une Espagnole de 26 ans, occasionnellement « escort girl », et qui faisait travailler d’autres jeunes femmes.

Opération Pieds nickelés

Grâce à des écoutes téléphoniques et au fur et à mesure des interpellations, les policiers avaient remonté le fil de cette affaire. Ce 3 août 2016, après une dispute avec une de ses prostituées qui menaçait de la dénoncer à la police, Maria-Paz G. avait fait venir un ami, Moncef D., et lui avait proposé 20.000 euros pour qu’il se « débarrasse » de la jeune femme. Moncef D. et un ami, Kamel Z., conviennent alors d’un « bon plan ». Faire croire à Maria-Paz G. qu’ils ont tué la fille – qu’ils comptent laisser partir – et récupérer l’argent. Mais quand ils remontent dans l’appartement, Maria-Paz G. a déjà tué la jeune prostituée d’une trentaine de coups de couteau.

Les deux hommes prennent peur et quittent les lieux. Maria-Paz G. propose alors 15.000 euros, cette fois pour le « nettoyage » de la scène de crime. Une nouvelle opération est montée, avec Mourad B. et trois autres complices. Les « nettoyeurs » tentent d’effacer les traces de sang mais Maria-Paz G. décide qu’il faut mettre le feu. C’est alors que la flamme d’un briquet provoque une déflagration, qui tuera la jeune femme sur le coup tandis que Mourad B. sera gravement brûlé.

Ce dernier comparaît pour l’incendie, et comme les autres « nettoyeurs », pour le recel du corps et la non dénonciation du crime. Une autre prostituée, qui se trouvait dans l’appartement avec Maria-Paz G. lorsque celle-ci a tué la jeune prostituée, est jugée pour complicité de meurtre.