Deux ex-légionnaires jugés pour la séquestration et le viol d’un militant LGBT à Marseille

PROCES Un déserteur de la Légion et un autre exclu pour son addiction sont jugés jusqu’à mardi à la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour la séquestration violente et le viol d’un militant LGBT algérien à Marseille

20 Minutes avec AFP
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A la cour d'assises d'Aix en Provence, le 11 janvier 2022
A la cour d'assises d'Aix en Provence, le 11 janvier 2022 — Alexandre Vella / 20 Minutes

Deux anciens légionnaires sont jugés, depuis vendredi, aux assises à Aix-en-Provence, pour avoir séquestré et violenté dans une chambre d’hôtel un homme rencontré dans un bar, qui accuse également l’un d’eux de l’avoir violé.

Le 5 mars 2017, une patrouille de policiers municipaux est alertée par un homme, visage en sang, qui appelle au secours depuis la fenêtre d’un hôtel place de l’Opéra à Marseille. La victime, Zak Ostmane, est un militant algérien LGBT, auteur de l’ouvrage Genre Interdit et fondateur de l’association Shams qui vient en aide aux homosexuels du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Cet homme de 42 ans a raconté à la barre qu’après avoir bu quatre pintes dans un bar il avait suivi Graham Shrubb pour un verre chez lui. En chemin, ils étaient rejoints par un second homme, Alejandro Salazar, un Chilien qui venait de déserter de la Légion étrangère.

Un accusé exclu de la Légion pour son addiction

« A peine bue la première gorgée de bière, je reçois un coup au visage qui me fait perdre connaissance et lorsque je reviens à moi, il est en train de me sodomiser », a expliqué Zak Ostmane. La victime a détaillé les nombreux coups portés par les deux hommes, le vol de sa chaîne, de sa carte bancaire, l’extorsion de son code. Il avait été frappé alors qu’il était attaché à une chaise à l’aide de morceaux de drap. « Je reconnais à 100 % les violences et je suis extrêmement navré d’avoir frappé et blessé la victime, mais je conteste à 100 % le viol », a déclaré Graham Shrubb, 35 ans, depuis le box des détenus. Son sperme avait été retrouvé sur le caleçon de la victime.

Reconnaissant les violences « mais pas les motifs homosexuels », Alejandro Salazar, 29 ans, qui comparaît libre après avoir purgé deux ans de détention provisoire, a été décrit par la Légion comme « un suiveur », à l’inverse de Graham Shrubb, un « meneur », « tête brûlée » renvoyée de la Légion pour son addiction à la cocaïne et des épisodes de violence. Le verdict est attendu mardi.