Procès Fillon : La cour d’appel rend sa décision ce lundi dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs

« PENELOPEGATE » En première instance, l’ancien Premier ministre avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité

20 Minutes avec AFP
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François et Penelope Fillon, au tribunal de Paris le 27 février 2020 (illustration).
François et Penelope Fillon, au tribunal de Paris le 27 février 2020 (illustration). — AFP

C’est le jour du couperet pour François et Penelope Fillon. La cour d’appel de Paris se prononce en effet ce lundi après-midi sur le sort de l’ancien Premier ministre et de son épouse, dans l’affaire des soupçons d' emplois fictifs qui avait explosé avant l’élection présidentielle de 2017.

La justice va donc se prononcer une deuxième fois dans ce dossier qui avait plombé la campagne pour l’Elysée du candidat de la droite, un temps favori mais finalement éliminé au premier tour. François Fillon, 68 ans, et Penelope Fillon, 66 ans, qui contestent depuis l’origine tout emploi fictif, ne seront pas présents au prononcé de la décision à 13h30, pas plus que l’ancien suppléant du premier au poste de député dans la Sarthe, Marc Joulaud, 54 ans, ont indiqué leurs avocats.

Retiré de la vie politique

En première instance, le 29 juin 2020, le locataire de Matignon de 2012 à 2017, désormais retiré de la vie politique, avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité, pour détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux.

Sa femme s’était vue infliger trois ans d’emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité, et Marc Joulaud trois ans avec sursis, 20.000 euros d’amende avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.

Le couple avait immédiatement fait appel et est revenu à la barre en novembre, maintenant la même défense dans une atmosphère bien moins électrique qu’au premier procès. « Je n’ai pas été un député fictif préoccupé essentiellement par l’argent », s’est insurgé François Fillon dans une déclaration liminaire, déplorant « quarante ans d’engagement (politique) effacés par un article d’un journal satirique et une enquête à charge ». « Mon épouse a travaillé à mes côtés, c’est incontestable », a-t-il assuré.

Le parquet requiert des peines plus clémentes

En appel, le parquet général a requis des peines inférieures à celles prononcées par le tribunal. A l’encontre de François Fillon, il a réclamé cinq ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi que 375.000 euros d’amende. Pour son épouse, le ministère public a demandé deux ans de prison avec sursis ainsi que 100.000 euros d’amende et pour Marc Joulaud trois ans de prison avec sursis. Des peines d’inéligibilité respectivement de dix, deux et trois ans ont en outre été requises.