Doubs : Prison avec sursis pour l’ancien membre RN qui avait tagué des mosquées

RACISME Un ancien membre du Rassemblement national (RN) qui avait tracé des croix de Lorraine sur plusieurs mosquées du Doubs comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel de Besançon

G.V. avec AFP
Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration).
Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration). — Camille Allain / 20 Minutes

Un ex-membre du Rassemblement national (RN), âgé de 23 ans, candidat aux élections départementales de juin 2021 dans le Doubs, comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel de Besançon. Il lui était reproché d’avoir tracé des croix de Lorraine sur une mosquée du Doubs à la peinture rouge et les locaux de deux associations turques à Pontarlier et Montlebon le 7 novembre dernier. Il avait récidivé le 20 novembre, s’en prenant aux mosquées Sounna et Fontaine Ecu de Besançon.

Plusieurs responsables cultuels et associatifs avaient alors dénoncé des « provocations islamophobes », voyant un message « anti-musulman » dans l’usage détourné de ce symbole du gaullisme et de la Résistance. Les différentes associations religieuses et culturelles qui s’étaient portées partie civile ont obtenu collectivement plus de 20.000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel et moral.

Sursis et privation de ses droits civiques

A l’audience, le procureur avait requis une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, et une privation des droits civiques. L’individu qui a reconnu les faits, a finalement été condamné à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, et 5 ans de privation de ses droits civiques.

« Nous aurions aimé qu’une peine de prison ferme, même courte, soit prononcée, face à la gravité des faits », a réagi Khalid Jarmouni, le président du Centre culturel islamique de Franche-Comté (CCIFC), qui gère la mosquée de Fontaine Ecu. « On espère que ce jeune homme pourra rebondir, et qu’un jour il présentera peut-être des excuses », a ajouté Khalid Jarmouni. « J’espère aussi que cette condamnation apaisera les fidèles de notre communauté, dont certains ont leurs grands-parents qui ont participé à la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale ».

Samuel Thomas, délégué général de la Fédération nationale des Maisons des Potes (FNMDP), qui s’était également constituée partie civile, a exprimé sa « satisfaction » après la « sanction dissuasive » prononcée par le tribunal, et la peine de privation des droits civiques, qu’il avait réclamé. « C’est très important que ce type d’individus, qui ont l’intention de se présenter à des élections, soient déclarés inéligibles », a-t-il estimé. De son côté, ajoute l’AFP, l’avocate du prévenu, Maître Ornella Spatafora, n’était pas disponible pour répondre à leurs sollicitations.