Mélanie Boulanger, la maire PS de Canteleu, près de Rouen, mise en examen pour complicité de trafic de stupéfiants

ENQUETE Mélanie Boulanger, maire socialiste de Canteleu et vice-présidente de la métropole de Rouen (Seine-Maritime), a été mise en examen pour « complicité de trafic de stupéfiants » et placée sous contrôle judiciaire

20 Minutes avec agences
Mélanie Boulanger, en rouge, aux côtés de Yannick Jadot, pendant la campagne des régionales 2021 en Normandie. (archives)
Mélanie Boulanger, en rouge, aux côtés de Yannick Jadot, pendant la campagne des régionales 2021 en Normandie. (archives) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Elle avait été laissée libre à l’issue de sa garde à vue en octobre 2021. A l’époque, elle avait été entendue durant une trentaine d’heures dans le cadre d’un vaste coup de filet anti-stupéfiants.
Lors d’une conférence de presse au lendemain « du pire moment » de sa vie, Mélanie Boulanger avait affirmé n’avoir « aucun lien » avec les trafiquants de drogue de sa commune. « Je sais que je suis irréprochable », avait-elle dit.
La maire PS de Canteleu et vice-présidente de la métropole de Rouen (Seine-Maritime), Mélanie Boulanger, vient finalement d’être mise en examen. Un de ses adjoints également, a précisé le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), confirmant des informations de Paris Normandie. « La maire et son adjoint ont été mis en examen des chefs de complicité, transport, acquisition, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire », a commenté la vice-procureure de Bobigny, Anne-Laure Mestrallet.

« Si on veut avoir une plénitude de droits pour agir, il faut être mis en examen »


Mélanie Boulanger, qui a aussi été tête de liste PS aux régionales de 2021 en Normandie, a justifié cette mise en examen via son conseil, « car elle permettra de mettre en évidence son innocence ».
« Si on veut avoir une plénitude de droits pour agir, identifier l’origine de cette garde à vue, solliciter des actes d’instruction, des auditions, des remises de pièce, il faut être mis en examen », a expliqué Me Arnaud de Saint Remy. La maire socialiste choisirait ainsi, selon son avocat, la « méthode Dominique Baudis » qui, mis en cause dans une affaire d’assassinat et de viols en 2003, avait lui-même demandé à être mis en examen pour pouvoir se défendre.
Lors des perquisitions à l’automne dernier, les enquêteurs avaient découvert 15 kg d’héroïne, 25 kg de produit de coupe et des armes à feu chez les suspects. Un million d’euros d’avoirs, dont des sommes placées sur des comptes bancaires, 375.000 euros en liquide ainsi que des véhicules, avaient aussi été saisis lors des perquisitions, détaille Paris Normandie. Au total, plus d’une vingtaine de personnes avaient été interpellées, en Seine-Maritime et en Seine-Saint-Denis. Parmi ces suspects, une famille de la commune de Canteleu qualifiée par les policiers de « gros bonnets de la drogue ».