WikiLeaks : L’extradition de Julian Assange suspendue à la décision d’une ministre, interpellée par des défenseurs de la liberté de la presse

INQUIETUDE Selon ses soutiens, l’extradition de Julian Assange mettrait en danger sa vie et créerait un précédent dangereux pour la liberté de la presse

X.R. avec AFP
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Les soutiens de Julian Assange restent mobilisés pour obtenir sa libération.
Les soutiens de Julian Assange restent mobilisés pour obtenir sa libération. — Alastair Grant/AP/SIPA

Les défenseurs de la liberté de la presse sont plus inquiets que jamais. Mercredi, la justice britannique a formellement donné son feu vert à la remise de Julian Assange à la justice américaine, qui le poursuit pour une fuite massive de documents. Mais l’ extradition du fondateur de WikiLeaks reste suspendue à la signature d’un décret par la ministre de l’Intérieur Priti Patel.

Dans une lettre, des responsables de 19 organisations, dont Reporters sans frontières et les fédérations européenne et internationale des journalistes, exhortent la ministre à « agir dans l’intérêt de la liberté de la presse en refusant l’extradition » de Julian Assange. Les signataires demandent sa « libération immédiate » de la prison de Belmarsh, près de Londres, « où il se trouve depuis trois ans malgré les risques considérables pour sa santé mentale et physique ».

Julian Assange risque 175 ans de prison

Le fondateur de WikiLeaks est réclamé par la justice américaine qui veut le juger pour la diffusion, à partir de 2010, de plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan. L’Australien avait été arrêté en 2019 après avoir passé plus de sept ans réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres.

Poursuivi en vertu d’une législation contre l’espionnage qui, selon les signataires, l’empêche de se défendre efficacement en le privant du recours à la notion d’intérêt public, Julian Assange risque 175 ans de prison. Les signataires estiment que malgré les assurances des autorités américaines, il est « hautement probable » qu’il soit soumis à des conditions d’isolement dans le système carcéral américain qui « exacerberaient gravement » son risque de suicide.

Les poursuites contre lui, avertissent les signataires, « entraîneraient un dangereux précédent, qui pourrait être appliqué à tout média qui publie des articles basés sur des fuites, ou contre tout journaliste, éditeur ou source partout dans le monde ».