Renault : Un mandat d'arrêt international émis contre Carlos Ghosn, refugié au Liban

JUSTICE L'ancien patron de Renault s'est réfugié au Liban en 2019, après sa fuite rocambolesque du Japon

20 Minutes avec AFP
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Affaire Carlos Ghosn: Un mandat d'arrêt international émis contre l'ex-PDG de Renault — 20 Minutes

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan (RNBV) visé par un mandat d'arrêt international. Carlos Ghosn est toujours sous le coup d'une enquête instruite à Nanterre, notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment. La justice française s'intéresse à près de 15 millions d'euros de paiements considérés comme suspects entre RNBV et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA). Le juge d'instruction de Nanterre en charge de l'enquête a délivré cinq mandats d'arrêt internationaux au total: ils visent, outre Carlos Ghosn, «les propriétaires actuels ou ex-dirigeants de la société omanaise SBA», a précisé le parquet de Nanterre.

Le Franco-Libano-Brésilien, qui devait être jugé à Tokyo pour malversations financières, vit à Beyrouth depuis sa fuite rocambolesque du Japon fin 2019. Si le mandat d'arrêt est exécuté, Carlos Ghosn sera directement présenté à un juge d'instruction de Nanterre qui lui notifiera sa mise en examen.

Les magistrats se sont déplacés à deux reprises au Liban

«Il ne s'agit pas d'un mandat d'arrêt émis par la France mais par le tribunal de Nanterre lors d'une instruction en cours, plus précisément par le parquet de Nanterre», a réagi l'un des avocats de Carlos Ghosn, Jean Tamalet, du cabinet King and Spalding. Et d'ajouter: «Ce mandat est très surprenant car le juge d'instruction et le procureur de Nanterre savent parfaitement que Carlos Ghosn, qui a toujours coopéré avec la justice, fait l'objet d'une interdiction judiciaire de quitter le territoire libanais. »

Lors de leurs investigations, les magistrats de Nanterre s'étaient déjà déplacés deux fois à Beyrouth. En février dernier, ils y ont auditionné deux témoins. Au mois de juin précédent, ils avaient procédé, avec des magistrats de Paris, à l'audition libre de Carlos Ghosn pendant cinq jours, pour les enquêtes le visant à Nanterre et à Paris. Contacté, l'avocat de Renault, partie civile dans la procédure, n'avait pu être joint vendredi matin.