« Nuit bleue » en Corse en 2019 : Deux prévenus condamnés à six ans de prison

JUSTICE Plusieurs résidences secondaires avaient été visées, et deux des accusés ont été reconnus coupables de dégradations en relation avec une entreprise terroriste

20 Minutes avec AFP
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Un palais de justice. (illustration)
Un palais de justice. (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP

Leur ADN avait été retrouvé sur l’un des quatre sites visés dans la nuit du 9 au 10 mars 2019. Le tribunal judiciaire de Paris a prononcé mercredi des peines de six ans d’emprisonnement contre les deux principaux prévenus au procès d’une « nuit bleue » qui avait entraîné la dégradation de plusieurs résidences secondaires en Corse.

Adrien M. et Julien M. ont été reconnus coupables de fabrication d’engins explosifs, de dégradations en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste. Le parquet national anti-terroriste avait requis sept ans d’emprisonnement à leur encontre.

Ils avaient été arrêtés en septembre 2019 dans un véhicule où avaient été trouvés une arme semi-automatique, un gilet pare-balles volé, une boîte à outils contenant un fer à souder et du fil électrique et, sur Julien M., une note manuscrite « qui très clairement donne des instructions » faisant penser « à la confection d’un engin explosif improvisé », selon la procureure.

Bouteille de gaz retrouvée

André-François M., dont l’ADN avait été trouvé sur une bouteille de gaz déposée dans un immeuble en construction à Ville-di-Pietrabugno (Haute-Corse), a lui été condamné à cinq ans de prison dont deux ferme, aménageables avec un bracelet électronique. Reconnu coupable des dégradations à caractère terroriste, il a en revanche été relaxé de l’association de malfaiteurs terroriste, et le tribunal a tenu compte de son « positionnement » plus coopératif pendant la procédure et de l’engagement « altruiste » de ce pompier-volontaire de 32 ans.

Ghjilormu G., garagiste de 24 ans, a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme aménageables, pour association de malfaiteurs terroriste. Le tribunal lui reproche son « soutien logistique » apporté au vol de véhicules utilisés pour trois des attentats.

Petru-Maria M. écope lui d’un an aménageable pour détention d’arme et Nathalie V., de deux mois avec sursis pour avoir fourni un téléphone en détention à Julien M. Seuls André-François M. et Petru-Maria M. étaient présents au prononcé du délibéré.

Si un mandat de dépôt immédiat avait été prononcé à l’encontre d’Adrien M. et de Julien M., comme l’avait réclamé l’accusation, les deux jeunes hommes auraient été incarcérés en région parisienne et non en Corse. Mais le président Thomas Jouck a expliqué en préambule que « le tribunal avait envisagé de prononcer un mandat de dépôt avec effet différé » pour permettre une « incarcération à proximité de (leur) famille ». Leur absence rend cette possibilité caduque.