Assassinat de Samuel Paty : La famille du professeur porte plainte contre l’administration

ENQUETE Les proches du professeur décapité estiment que l’administration ne l’a pas protégé

M.F avec AFP
— 
Le maire de Conflans-Sainte-Honorine, Laurent Brosse, a devoilé le livre monument en hommage à Samuel Paty
Le maire de Conflans-Sainte-Honorine, Laurent Brosse, a devoilé le livre monument en hommage à Samuel Paty — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

La famille de Samuel Paty a décidé de porter plainte mercredi auprès du parquet de Paris contre l’administration. « Des fautes ont été commises tant du côté de l’Education nationale que du côté du ministère de l’Intérieur, sans lesquelles Samuel Paty aurait pu être sauvé », a indiqué leur conseil, Virginie Le Roy, confirmant une information de Libération.

La plainte cible les délits de « non-empêchement de crime et de non-assistance à personne en péril » et vise « plusieurs agents du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Éducation nationale » qui ont eu à connaître directement ou indirectement de la situation de Samuel Paty. Dans le détail, la plainte rappelle le lent engrenage débuté par un cours sur la laïcité dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) début octobre 2020, qui a abouti à l’assassinat, le 16, du professeur âgé de 47 ans, poignardé puis décapité, par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène, tué peu après par la police.

Samuel Paty « aurait dû bénéficier au minimum de la protection la plus faible »

Pour la famille, « dès le 8 octobre et jusqu’au 16, Samuel Paty, la principale et les enseignants ont identifié une menace grave pour leur intégrité physique et la sécurité du collège », résultant notamment de la médiatisation de l’affaire via les réseaux sociaux par Brahim Chnina, père d’une collégienne qui prétendait avoir assisté au cours, et par le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui. Mais pour la famille, « les agents du ministère de l’Intérieur ont failli dans l’assistance à Samuel Paty », qui « aurait dû bénéficier au minimum de la protection la plus faible », un ou deux agents, au vu de la « menace » le visant, ce qui « l’aurait sauvé ».

La plainte vise également plusieurs agents de l’Éducation nationale, par exemple au rectorat ou au collège. Un rapport de l’inspection générale de l’Education de décembre 2020, se penchant sur les événements survenus dans le collège de Samuel Paty avant son assassinat, avait estimé que l’institution avait fait preuve de réactivité dans sa prise en charge, mais souligné un défaut de surveillance des réseaux sociaux.