Haut-Rhin : « Le tueur de DRH » refuse toujours de s’expliquer et de participer aux reconstitutions

ENQUETE Mis en examen pour l’assassinat de trois personnes, dont deux DRH, Gabriel Fortin est resté mutique lors d’une troisième reconstitution, dans le Haut-Rhin

T.G avec AFP
Le parking de l'entreprise Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), où avait été retrouvé, le 26 janvier 2021 en fin d'après-midi, le corps sans vie d'Estelle Luce, DRH de 39 ans.
Le parking de l'entreprise Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), où avait été retrouvé, le 26 janvier 2021 en fin d'après-midi, le corps sans vie d'Estelle Luce, DRH de 39 ans. — S. BOZON / AFP
  • L’ingénieur a été mis en examen pour l’assassinat de trois personnes en janvier 2021 dans le Haut-Rhin, la Drôme et l’Ardèche.
  • Entamée mardi vers 19h30, la reconstitution s’est achevée peu avant minuit.
  • Mutique depuis son interpellation, Gabriel Fortin « ne s’exprime pas et ne se défend pas ».

Il n’a toujours rien dit ni expliqué. L'ingénieur mis en examen notamment pour l'assassinat de trois personnes en janvier 2021 dans la Drôme, l'Ardèche et le Haut-Rhin, est de nouveau resté mutique mardi, lors d’une troisième reconstitution, a-t-on appris auprès d’un avocat des parties civiles.

Surnommé le « tueur de DRH », Gabriel Fortin, 47 ans, était arrivé peu après 19 heures dans un fourgon de l’administration pénitentiaire sur le parking de l’entreprise Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), où avait été retrouvé, le 26 janvier 2021 en fin d’après-midi, le corps sans vie d’Estelle Luce, DRH de 39 ans, tuée par balles dans sa voiture.

Entamée vers 19h30, la reconstitution s’est achevée peu avant minuit, a expliqué Me Jean-Marc Muller-Thomann, l’avocat des deux enfants d’Estelle Luce et de leur père, ancien compagnon de la victime.

« Aucune déclaration à faire »

Gabriel Fortin, qui « n’a pas voulu sortir du fourgon » et a indiqué qu’il n’avait « aucune déclaration à faire », a maintenu cette attitude tout au long de la reconstitution, a expliqué Me Muller-Thomann.

Mutique depuis son interpellation, Gabriel Fortin « ne s’exprime pas et ne se défend pas », a constaté le conseil, expliquant que le suspect avait toutefois été « invité à se manifester » au cours de la reconstitution « s’il changeait d’avis ».

Cette reconstitution a permis « de valider les constatations techniques » et « les recoupements qui ont été faits » permettent « d’asseoir le sérieux du dossier à l’encontre » de M. Fortin. L’avocat du compagnon de la DRH au moment de sa mort ainsi que celui de l’entreprise Knauf étaient présents à la reconstitution, contrairement à ceux de M. Fortin, selon Me Muller-Thomann. L’un des conseils du suspect, Me Lætitia Galland, n’a pas réagi.

Dirigée par la juge d’instruction de Valence Julie Demesse, en charge du dossier, la reconstitution s’est déroulée principalement de nuit, sur le parking éclairé par les lampadaires, afin de correspondre aux conditions dans lesquelles s’est produit le drame.

Comme lors des deux premières reconstitutions…

Gabriel Fortin est également soupçonné d’avoir tiré, sans le toucher, sur un autre DRH, domicilié à Wattwiller (Haut-Rhin), à une quarantaine de kilomètres de Wolfgantzen, le jour même de l’assassinat de Mme Luce. Cet homme avait travaillé avec elle en 2008 aux ressources humaines d’une entreprise d’Eure-et-Loir dont Gabriel Fortin avait été licencié, selon le parquet de Mulhouse. Cette tentative d’assassinat, pour laquelle M. Fortin a également été mis en examen, fera l’objet d’une quatrième et dernière reconstitution mercredi, à Wattwiller.

Gabriel Fortin avait déjà refusé de participer aux deux précédentes reconstitutions organisées à Valence (Drôme) en décembre et à Guilherand-Granges (Ardèche) en mars. Les investigations ont rapidement établi un lien entre les faits survenus en Alsace et les assassinats deux jours plus tard, le 28 janvier, de la DRH de la société Faun Environnement de Guilherand-Granges puis d’une conseillère de Pôle emploi, abattue à Valence.