Mort de Jeremie Cohen : A ce stade de l’enquête, rien n’indique que l’agression était antisémite

INVESTIGATIONS Le procureur de Bobigny a tenu une conférence de presse ce mardi après-midi pour revenir sur la mort de Jeremie Cohen, le 16 février, qui enflamme le débat public à quelques jours du premier tour de la présidentielle

Guillaume Novello
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Mort de Jeremie Cohen: «Pas de motifs discriminatoires», à ce stade, selon le procureur — 20 Minutes

Les violences qui ont précédé la mort de Jeremie Cohen, percuté par un tramway à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 16 février avaient-elles un caractère antisémite ? C’est la question qui agite le monde politique en cette fin de campagne présidentielle. Et pour l’instant, la justice ne sait pas. « Il ne ressort pas des témoignages recueillis jusqu’à présent que l’agression ait été commise pour des motifs discriminatoires », a indiqué ce mardi en conférence de presse le procureur de Bobigny Eric Mathais, en insistant bien sur le « jusqu’à présent ».

De même, « aucun élément ne permet à ce jour d’établir avec certitude que la victime était porteuse de manière apparente ou non d’une kippa au moment de l’agression », a affirmé le magistrat. La présence d’une kippa pourrait impliquer que les agresseurs savaient que Jeremie était juif et conduire à un éventuel caractère antisémite de ces violences. Eric Mathais a tenu à rappeler que « tout élément permettant d’établir un motif discriminatoire à cette scène de violence, en particulier antisémite donnera lieu à une aggravation de la qualification pénale retenue ».

Les nombreuses zones d’ombre de l’enquête

Si le procureur est revenu sur la chronologie des faits au début de sa conférence de presse, il a ensuite pointé les différentes zones d’ombre de cette enquête pour des faits de violences volontaires en réunion. « De nombreuses investigations restent à mener pour établir les circonstances exactes des faits ayant précédé l’accident, a-t-il ainsi précisé. A ce stade, les raisons de la présence de la victime à Bobigny et les motifs de l’agression qu’elle a subie ne sont pas déterminés. »

L’enquête est donc loin d’être bouclée et, insiste le procureur, « la recherche d’autres témoins sera déterminante pour préciser les circonstances de cette agression et conduire à l’interpellation des auteurs ». De même, les investigations permettront, espère le magistrat, « d’établir la force du lien de causalité entre la scène de violences et le décès de la victime ». C’est pourquoi il appelle toute personne détenant des informations relatives à l’enquête à joindre au plus vite les services de police.