Assassinat de Samuel Paty : Un fils d’Abdelhakim Sefrioui libéré sans poursuites

ENQUETE Il était soupçonné d’avoir participé au tournage de la vidéo dans laquelle son père traite Samuel Paty de « voyou » et le désigne, selon l’accusation, comme une « cible »

20 Minutes avec AFP
Des enfants se recueillent devant un dessin de Samuel Paty, le 16 octobre 2021.
Des enfants se recueillent devant un dessin de Samuel Paty, le 16 octobre 2021. — Christophe Ena/AP/SIPA

Contrairement à son père, il ressort libre. En garde à vue depuis samedi matin dans l’enquête sur l’assassinat du professeur Samuel Paty, l’un des fils du militant islamiste  Abdelhakim Sefrioui, a été libéré sans poursuite à ce stade, a appris ce mercredi l’AFP de sources proches du dossier.

Cette garde à vue, menée à la sous-direction antiterroriste  (Sdat) de la police judiciaire, visait notamment à savoir s’il avait participé au tournage de la vidéo dans laquelle son père traite Samuel Paty de « voyou » et le désigne, selon l’accusation, comme une « cible » sur les réseaux sociaux, a indiqué une source proche du dossier.

« 96 heures de garde à vue scandaleuses »

Les enquêteurs cherchaient notamment à savoir s’il avait aidé son père à filmer, monter et diffuser la vidéo, selon une deuxième source proche du dossier. Le fils Sefrioui a nié toute participation à la fabrication de cette vidéo, selon la première source.

« Il n’a eu aucune participation à aucun stade de la préparation de l’assassinat de Samuel Paty, ça fait dix-huit mois d’enquête que tout le monde le sait », s’est agacé auprès de l’AFP son avocat, Me Antoine Alexiev, dénonçant « 96 heures de garde à vue scandaleuses » pour son client qui « n’a rien d’un djihadiste ».

Un assassinat pour « venger le prophète »

Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, 47 ans, a été poignardé puis décapité près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène, tué peu après par la police.

L’homme de 18 ans, radicalisé, lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Dans un message audio en russe, il a revendiqué son geste en se félicitant d’avoir « vengé le prophète ». Il avait pris connaissance de la polémique autour des caricatures via une vidéo sur internet réalisée par Brahim Chnina, père d’une collégienne visée par une exclusion pour indiscipline.

Une myriade de mises en examen

Au moins quinze personnes sont mises en examen dans ce dossier, dont six collégiens, le père de l’adolescente et Abdelhakim Sefrioui. L’ancien recteur de la mosquée de Pantin, M’hammed Henniche, a également été placé en garde à vue à la Sdat la semaine dernière et libéré sans poursuites, selon deux sources proches du dossier.

La mosquée de Pantin, mise en cause pour avoir relayé la vidéo de Brahim Chnina sur sa page Facebook, avait été fermée près de six mois par les autorités, avant de rouvrir après le départ de M’hammed Henniche.