Béziers : Deux anciens maires de Lamalou-les-Bains jugés en correctionnelle après les inondations meurtrières de 2014

RESPONSABILITE Quatre personnes étaient décédées en 2014 à Lamalou-les-Bains, près de Béziers. Les édiles sont poursuivis pour des fautes caractérisées ou encore la prolongation, à l’automne, de l’ouverture du camping.

Jérôme Diesnis
Quatre personnes résidentes du camping étaient décédées lors de la crue d'un affluent de l'Orb, en septembre 2014 à Lamalou--les-Bains, une commune du nord de l'Hérault.
Quatre personnes résidentes du camping étaient décédées lors de la crue d'un affluent de l'Orb, en septembre 2014 à Lamalou--les-Bains, une commune du nord de l'Hérault. — Aperçu / Sipa
  • En septembre 2014, d’importantes pluies avaient provoqué la crue de la rivière Bitoulet. Quatre résidents du camping situés en zone inondable étaient décédés. Onze autres avaient été blessées.
  • Le maire à l’époque des faits est poursuivi pour défaut de déclenchement du plan de sauvegarde communal et d’évacuation du terrain de camping.
  • Son prédécesseur est poursuivi pour divers manquements, notamment d’avoir étendu la période d’ouverture du camping jusqu’à l’automne, théâtre de fréquentes inondations dans cette région.

Deux ex-maires de Lamalou-les-Bains, une commune de l’arrière-pays de l’Hérault, sont jugés, jusqu’à vendredi, par le tribunal correctionnel de Béziers pour homicide et blessures involontaires.

Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2014, de très importantes pluies avaient provoqué une violente crue de la rivière Bitoulet, un affluent de l’Orb. Quatre personnes étaient décédées : un couple, ainsi qu’une femme et sa fille. Onze autres personnes avaient été blessées.

Le camping était une source importante de revenus

Toutes les victimes se trouvaient au moment du drame au camping municipal. Installé en 1982, il surplombait d’environ trois mètres le cours d’eau. Il était dans une zone déclarée inondable en 1989, tout comme une résidence et des lotissements voisins. Le camping était source d’importants revenus pour la commune,

Après une longue bataille de procédure menée jusqu’à la Cour de cassation, Marcel Roques, maire (UDF, puis Nouveaux centristes) de Lamalou de 1989 à 2014, et Philippe Tailland, maire (DVG) depuis quelques mois à l’époque de la catastrophe, ont été définitivement renvoyés en correctionnelle. Deux employés de la station thermale et deux responsables municipaux ont bénéficié d’un non-lieu.

Défaut de déclenchement du plan de sauvegarde

En ordonnant le renvoi devant le tribunal des deux ex-maires, âgés aujourd’hui de 73 ans, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier avait estimé que Philippe Tailland avait commis des « fautes caractérisées ». Elle avait notamment souligné « le défaut de déclenchement du plan de sauvegarde communal et d’évacuation du terrain de camping ». Le département avait pourtant été placé sous vigilance orange pour risque d’inondations par Météo-France.

Marcel Roques avait dirigé de son côté la commune pendant trente-et-un ans. Il est accusé de divers manquements dans la période antérieure*. Notamment de ne pas avoir fait entretenir correctement le ruisseau ou d’avoir étendu jusqu’à l’automne la période d’ouverture du camping. En cette période, les violents orages responsables d’inondations sont fréquents dans la région.