Rennes : 27 passeurs irakiens en prison pour avoir monté un réseau d’immigration clandestine

IMMIGRATION Les mis en cause étaient accusés d’avoir touché des dizaines de milliers d’euros pour faire embarquer des migrants dans des conditions indignes vers l’Angleterre​

C.A.
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Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné 27 passeurs irakiens à de la prison ferme pour avoir participé à un réseau d'immigration clandestine.
Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné 27 passeurs irakiens à de la prison ferme pour avoir participé à un réseau d'immigration clandestine. — C. Allain / 20 Minutes

Ils étaient trente prévenus dans cette vaste affaire d’immigration clandestine. Jeudi, la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (Ille-et-Vilaine) a condamné 24 passeurs irakiens à des peines de prison. La justice soupçonnait les 24 hommes d’avoir aidé des clandestins à rejoindre l’Angleterre depuis la Bretagne moyennant des sommes de plusieurs milliers d’euros.

Parmi les 27 condamnés, six étaient absents de l’audience et font l’objet d’un mandat d’arrêt. Les 19 autres ont été placés en détention pour des durées oscillant entre 18 mois et sept ans. Tous ont été reconnus coupables « d’aide à l’entrée et au séjour en bande organisée », de « blanchiment en bande organisée » mais pas de « traite d’êtres humains en bande organisée » comme l’espérait le parquet. Vingt-quatre interdictions définitives du territoire français ont été également prononcées à l’encontre des personnes condamnées, précise le procureur de la République de Rennes.

L’enquête avait démarré à l’été 2018 par l’interpellation d’un homme qui chargeait des migrants dans un camion à destination de la Grande-Bretagne sur l’aire d’autoroute de Sarthe Sarge Le Mans. A chaque migrant, les passeurs demandaient entre 6.000 et 13.000 euros pour les emmener vers les îles anglo-normandes situées au large de la Bretagne. Les migrants étaient parfois transportés dans des camions frigorifiques et amenés « à 14, debout, à l’arrière des fourgons qui les amenaient sur les aires ». Des conditions « à l’évidence contraires à la dignité humaine », expliquait le procureur.

Des tensions importantes étaient apparues autour des aires de repos, débouchant même sur le meurtre de l’un des chefs d’un réseau de passeurs.