Ultradroite : Sept personnes interpellées dans un dossier de terrorisme lié au complotiste Rémy Daillet

ENQUETE Un ancien fonctionnaire de police et une avocate se trouvent parmi ces personnes soupçonnées d’être liées à ce qui est qualifié par la justice de « dossier protéiforme »

M.F avec AFP
— 
Rémy Daillet au début de son audition au palais de justice de Nancy, le 16 juin 2021.
Rémy Daillet au début de son audition au palais de justice de Nancy, le 16 juin 2021. — Arthur CONNAN / AFP

Cinq hommes et deux femmes ont été interpellés mardi dans le cadre d’un dossier de terrorisme lié à la figure des milieux complotistes Rémy Daillet. Agés de 36 à 62 ans, ils se trouvent actuellement en garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon des sources proches du dossier, un ancien fonctionnaire de police, le « gilet jaune » Sylvain B. auteur d’un « manuel d’insurrection pacifique » et l’avocate Me Virginie de Araujo-Recchia se trouvent parmi les personnes interpellées.

Dans un message vidéo publié sur Internet, l’avocate s’était adressée aux « officiers généraux, colonels, officiers (…) étant donné l’urgence de la situation », disant « s’inquiéter de la dégradation de notre état de droit qui s’est aggravé » et des « droits fondamentaux mis à mal au nom d’un état d’urgence sanitaire qui n’en est pas un ». Des perquisitions ont été réalisées lors des arrestations.

Le « dossier protéiforme »

Quatorze personnes appartenant à l’ultradroite ont déjà été mises en examen dans ce qui est qualifié par la justice de « dossier protéiforme ». L’information judiciaire avait été ouverte en mai 2021 après les premières interpellations liées au groupuscule « Honneur et nation ». Elle s’est ensuite élargie, et les projets visés par la justice dépassent désormais ce cercle, mais tous les mis en cause semblent avoir le même inspirateur, Rémy Daillet.

Figure des milieux complotistes déjà mis en cause et incarcéré dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Mia, il avait été mis en examen le 22 octobre pour « association de malfaiteurs » terroriste criminelle et de nouveau écroué dans ce dossier, appelé selon les sources « projet Azur » ou « Honneur et Nation ».

Antennes 5G, centres de vaccination, journalistes et personnalités

Rémy Daillet est soupçonné d’être « le cerveau » d’un groupe, au sein duquel figurent des militaires, projetant des actions violentes. Son avocat, Me Christophe Basson-Larbi, l’avait présenté comme un « prisonnier politique » aux « idées politiques explicitement non-violentes » mais « dont des individus violents se réclament pour échapper à leurs responsabilités éventuelles ».

Convaincues qu'« Emmanuel Macron est au service de l’argent et qu’il faut en finir avec le grand capital », ces personnes avaient « l’idée d’un coup d’Etat, d’un renversement du gouvernement français », avait alors relaté à l’AFP une source proche du dossier. Parmi les cibles des mis en cause de ce dossier figuraient entre autres des antennes 5G, des centres de vaccination, des journalistes et des personnalités, avaient détaillé deux sources proches de l’enquête.